La compote de Côme #286
Du morse, des lions et un facteur.
Jeux de rôles

You, Me, and the Devil makes 3 – L’OuJePo dort, mais je veille et continue à traquer les jeux de rôle aux idées bizarres, dans l’espoir de les voir résonner avec les miennes… Il n’y en a pas beaucoup qui sont aussi doués qu’Adam Vass dans ce domaine, qui nous offre un jeu de crise conjugale dans laquelle vient se glisser le diable, le tout se jouant avec un système de morpion amélioré qui n’est pas loin d’être un jeu de société intéressant à lui tout seul. Et le tout en deux pages, quelle masterclass !

A Familiar Skin – Après, si tu n’aimes pas jouer au morpion mais que l’idée de cocher des cases te plaît dans un JdR, pourquoi ne pas te frotter à A Familiar Skin, mélange entre jeu d’horreur corporelle et petite partie de bingo améliorée. Le mélange est improbable, pourtant il fonctionne parfaitement sur le papier...

Drake Barcode: Morse Inspector – Sinon, cette semaine tu peux aussi apprendre le morse avec cette aventure dont on est le héros partant du principe qu’on est le seul détective humain dans une ville plein de robots binaires. Ludiquement parlant, c’est un peu trop tordu pour tout à fait marcher, mais j’ai bien rigolé à la lecture et c’est une façon de jouer que je n’ai vue nulle part ailleurs, donc hop c’est validé !

You’re in Space and Everything’s Fucked – Je ne prétends pas avoir inventé le genre de l’exploration d’espace chelou avec Green Dawn Mall (puisque le projet a beaucoup pompé sur The Stygian Library) mais je ne peux nier que j’ai vu dans You’re in Space and Everything’s Fucked beaucoup de parallèles (involontaires, bien sûr) avec mon travail… Ceci étant dit, YiSaEF est bien plus procédural que GDM, avec également une approche plus vidéoludique des choses qui met l’accent sur le combat et la recherche de points faibles, mais aussi sur la possibilité de sauvegarder sa progression à mesure de la partie. L’approche du jeu reste donc intéressante, tout comme sa division en 2 livrets (un pour le MJ, l’autre pour l’unique personne qui incarne un personnage).
Littérature

On the Calculation of Volume (Book I) – Je ne peux que remercier luvan d’avoir mis sur mon radar ce petit volume, premier d’une série de sept (!) romans danois qui ont été traduits en anglais mais pas en français (ce qui est plus que regrettable si tu veux mon avis). J’avais un peu peur qu’en se basant sur le principe de la boucle temporelle, le livre n’arrive pas à dépasser les clichés du genre, mais non seulement il introduit son petit twist sur la formule désormais bien connue qui lui permet de rester original, mais en plus il est écrit dans un style qui fait la part belle aux émotions, au monde naturel, et surtout à une lenteur introspective qui te crispera peut-être mais qui m’a, pour ma part, tout à fait séduit. Je vais essayer d’étirer ma lecture des différents tomes un certain temps, comme on profite au maximum d’une boîte de doux bonbons, mais qui sait combien de temps je résisterai à la tentation...
Page de pub

Un milliard de lions contre le soleil – Il ne t’aura pas échappé qu’il y a eu une éclipse de soleil cette semaine : quelle occasion rêvée pour lancer un jeu rigolo où on lance des lions à l’assaut du soleil en dessinant leurs batailles ! Ce projet de longue date, à l’origine hack d’un autre de mes jeux, s’est métamorphosé grâce à l’imagination de l’ami Florian qui signe les illustrations et la maquette du jeu, entre autres. Un plaisir à créer, et également à jouer j’espère !

Queervention 2026 – La fin du mois d’août est toujours un peu une tristesse (il va falloir retourner bosser) et une joie car c’est le moment de la meilleure convention de l’année ! Avec son intitulé explicitement inclusif, la Queervention est toujours l’occasion de croiser beaucoup de personnes cool, et j’y serai donc sans faute le week-end prochain avec les copaines du Rayon alternatif… Si tu es dans le coin, n’hésite pas à passer, d’autant que j’aurai une petite surprise à présenter !
Séries

Taskmaster saison 6 – Cette sixième saison de Taskmaster n’inclut que des personnes que je ne connaissais pas au préalable, ce qui est finalement assez rarement le cas… et c’est toujours intéressant quand ça arrive car finalement on ne sait pas à l’avance qui va être notre chouchou, qui va se révéler être tout mignon, qui va être complètement déjanté⋅e… En l’occurrence, la bonne surprise de la saison s’appelle Liza Tarbuck, qui s’avère une imagination, hum, très vaste. Tâches préférées : faire une tour avec des citrons ; lancer des chaussettes ; s’amuser un maximum, deux fois de suite ; mimer des animaux obscurs ; souffler une bougie de loin.
Films

F For Fake – Le début du documentaire d’Orson Welles sur les faussaires et les imposteurs multiplie tellement les chausse-trappes qu’il nous a fallu le voir deux fois, et donne bien le ton de ce qui va s’avérer être un long monologue du réalisateur avec des séquences pêle-mêle pour illustrer ses propos sur les contrefaçons dans l’art, Howard Hugues, les canulars à la radio ou encore Pablo Picasso. Seul Orson Welles possède assez de charisme pour que tout cela ne finisse pas par être insupportable, et si le dernier tiers du film (qui souffre par ailleurs d’une très grosse dose de sexisme) est le moins intéressant de l’ensemble, F For Fake n’en demeure pas moins un document fascinant sur le cinéma en général et ce réalisateur en particulier.

Jour de fête – Après avoir vu le dernier film d’Orson Welles, nous avons vu le premier de Jacques Tati, avec le réalisateur dans le rôle principal, celui d’un facteur qui n’est pas sans rappeler le commissaire Roger Van der Weyden dans P’tit Quinquin. Nous l’avons vu au cinéma et c’était un vrai plaisir de constater que l’ensemble de la salle, de la gamine de 6 ans à la mamie de 76, s’amusait de ce qui est essentiellement un film à sketches ; pour ma part, je n’ai pas trouvé le film hilarant (voire même un peu long sur l’ensemble) mais ai été captivé d’y trouver les premiers signes de l’obsession de Tati pour le détail parfait et la chorégraphie réalisée au millimètre près.
Jeu vidéo

Knytt Classic – La bonne surprise inattendue de la semaine, c’était de tomber sur ce remake d’un classique du jeu vidéo indépendant d’il y a 20 ans… Knytt, qui a donné lieu par la suite à de multiples suites (meilleures que l’original, il faut bien l’avouer), c’est du jeu de plate-forme entièrement basé sur l’exploration, avec quasiment aucun danger, pas de principe de metroidvania, pas de combat… Juste une déambulation d’un bout à l’autre de la carte dans une ambiance éthérée et tranquille, comme une longue ballade qui fait du bien. Ça dure moins d’une heure et c’est dispo gratuitement sur Steam et GOG !
Jeu de société

Silver & Gold – J’ai acheté ce petit jeu de flip & write sur un coup de tête, parce qu’il était en soldes et recommandé par un random sur Mastodon, et je ne le regrette pas ! Derrière son thème de chasse au trésor se cache un jeu aux règles simples et aux parties rapides, où l’on va, en gros, passer son temps à trouver la meilleure place pour nos places de Tetris, en faisant en sorte de cocher ses cases plus rapidement que les adversaires. Silver & Gold manque peut-être un peu d’interaction entre joueuses mais il n’en garde pas moins un petit goût de « reviens-y » qui le rend facile à dégainer à l’heure du goûter !
Musique

Frànçois & The Atlas Mountains, E Volo Love – La musique de Frànçois & The Atlas Mountains m’évoque facilement l’été : des chansons où l’on a l’impression que tout le monde est un peu alangui, le genre de choses qu’on pourrait écouter très fort dans la voiture ou autour du feu le soir. Il me semble que comme Mathieu Boogaerts, François Marry a été inspiré par des rythmes de reggae et ses visites du nord de l’Afrique ; E Volo Love est néanmoins un album particulier, le premier en groupe après une petite carrière solo et plus lo-fi, d’où la présence fréquente de chœurs, plus ou moins hantés. Parfois, les chansons de l’album semblent commencer par la fin, comme si on s’était assoupi un moment ; parfois, elles semblent sorties d’un disque de Dominique A. C’est de la pop de piscine, extrêmement bien ciselée, l’écouter me donne envie de danser à tue-tête, et voilà tout...
L’arrière-queer de Milouch

Nos femmes sous la mer d'Ulia Armfield
Ma compagne m'a offert ce livre il y a un mois. Je l'avais un peu laissé de côté puis décidée par la chaleur infernale qui nous assaille, je me suis plongée dedans cette semaine. Et oh mon dieu quel banger !
Nos femmes sous la mer c'est le récit d'un couple de femmes, Leah et Miri, alors que Leah revient changée d'une expédition sous marine tragique.
C'est un récit qui mêle les corps, l'eau le sel la mer, dans un body horror particulier. Empli de fluide, d'amour et de gestes maladroits. C'est une horreur de l'intime qui vous prend au tripes et vous les fait cracher sur le livre. J'ai fini ma lecture terrorisée et accroché à ce livre comme à une bouée.
Un océan d'incertitude, quasiment aucune réponse et un intime qui s'étiole dans la mer. Assurément une de mes grandes lectures de 2026.
Par ailleurs :
— L’ami Simon continue sa série de vidéos sur la décolonisation du jeu de rôle et ce 2e volet vient taper là où ça fait mal (et où c’est donc nécessaire).
— Eh ben bravo, encore une excellente façon de perdre du temps avec tous ces petits puzzles quotidiens ! Je te recommande de commencer comme moi par l’épisode 1 de la saison 1 et de perdre des heures dessus ensuite.
— Je suis tombé par hasard sur ce spectacle de stand-up très méta, et c’était fort rigolo.
— Comme d’habitude une masterclass de Zeph & Ramo sur les écueils et réussites de la collaboration artistique et du crossover. Ça tire à balles réelles sur Jodorowsky, les studios Ghibli et tant d’autres, et ça fait du bien (d’autant qu’on a bien de la peine pour ce pauvre Moebius).
— Les autres musiques de la semaine : la reine du rock alternatif PJ Harvey, les doux folkeux de Pure Horsehair et le prog-rock français de Melatonine.
Des bises
et à dimanche prochain en compagnie de LA JUNGLE.
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