La compote de Côme #282
Gros monstres, gros ventre, minuscules jeux.
Jeux de rôles

The Connoisseurs – Il y a, je ne sais pas tout à fait pourquoi, pas mal de jeux de rôle qui tournent autour du thème de la cuisine, souvent alliés à un ton plutôt serein : on prépare de la bouffe, on la déguste, ça nous fait passer de bons moments… Pas dans The Connoisseurs, qui se propose de combiner le stress du boulot de restauration avec celui de l’invasion d’une horreur d’outre-espace. Et pourquoi pas, après tout : le mariage de ces deux saveurs produit un plat plutôt intéressant au goût, même si la manie du jeu à tout faire passer par la métaphore culinaire (comme dans ce paragraphe) est un peu indigeste à la longue.

January – Un jeu sous forme de cartes postales, pour s’écrire des histoires par la Poste, dans un monde envahi par les kaijus… Franchement January partait très très fort et je m’attendais à en faire l’un de mes coups de cœur de cette compote. Eh bien non : si le jeu est très beau et bien écrit, il est beaucoup, beaucoup trop dirigiste à mon goût dans la trame qu’il propose pour les deux joueuses, dont l’activité va se limiter à habiller de chair narrative un squelette déjà bien fourni. Pas pour moi, donc.

Girl Frame – J’avais déjà lu ce jeu de gros robots pilotés par des lesbiennes manipulées et malmenées par leur boss, alors quoi de neuf dans ce que l’autrice qualifie de « version 2.0 » du jeu ? Eh bien un très solide jeu qui permet à la fois de taper sur des gros monstres avec des gros robots et d’être en PLS totale en pataugeant gaiement dans le malsain et l’abus psychologique et physique. Drôle d’alliance, sans doute faite pour un public bien spécifique dont je ne suis pas, mais la somme de Girl Frame est très convaincante, apporte de vraies bonnes idées de game design, et sera sans doute un carton quand le jeu débarquera en foulancement dans un avenir proche !

A Most Bloody Devotion – Autre jeu de la même autrice mais ambiance tout à fait différente pour AMBD, qui propose de l’OSR avec des relations de pouvoir, du cannibalisme et des dynamiques de genre qui rendent bien mal à l’aise… Ah ben non, on est dans les mêmes thématiques dites donc. Ce qui est plus étrange avec AMBD c’est que j’ai du mal, à la lecture, à voir comment les différentes parties du jeu, par ailleurs très bien fichues, s’articulent entre elles autour de la table ; en attendant, j’en retiens quelques très bonnes idées, comme celle du don / contre-don, dont je m’inspirerai très certainement à l’avenir !

Camp Snallygaster – Première illustration de ce qu’on peut faire avec un jeu tout simple : on peut partir d’un système de jeu léger comme l’air (en l’occurrence celui de Lasers & Feelings) et d’un pitch qui tient en quelques mots (« Des scouts dans une forêt hantée », pour plagier l’amie Melville) et développer tout ça à coup de tables aléatoires, de décors inspirants et de guides bienvenus… Le scoutisme, comme la cuisine, a apparemment de beaux jours rôlistes devant lui, et cette énième déclinaison tient plutôt bien la route face à ses aînées !

Roguelike – Deuxième façon de livrer un jeu tout simple mais tout de même riche : le baser entièrement sur une conversation entre deux gredins, fortement scriptée et se basant entièrement sur l’improvisation et l’interprétation de cartes ; puis prendre la moitié des pages du jeu pour donner des conseils et des exercices d’impro qui, à mon sens, devraient être recopiés tels quels dans tous les jeux qui reposent sur une telle gymnastique (oui, y compris les miens) !
Bandes dessinées

Ce que Cécile sait – Quelle claque magistrale que cette bande dessinée qui mêle témoignage personnel sur l’inceste, réflexions intellectuelles sur le même sujet et démontage en règle de la figure de Serge Gainsbourg… Écrire cela c’est résumer bien vite ce qui me semble une lecture essentielle et qui, on ne va pas le cacher, laisse avec une très grosse boule au ventre. Ce que Cécile sait a occupé mes pensées de longs jours après l’avoir refermé et continuera certainement de m’accompagner : je t’encourage vraiment très vivement à le lire, malgré sa dureté, car tu es concerné⋅e, même si tu ne penses pas l’être.

Perle de pierre – Difficile de définir exactement l’atmosphère de ce volume, quelque part entre l’onirisme, la quête initiatique et la poésie, qui en fait un récit perdu dans la brume, dont les méandres se recouvrent comme des vagues et semblent ramener toujours au même point de fuite. J’ai aimé me perdre dans ses spirales et la façon dont il brosse tout un univers en ne nous en faisant voir que quelques fragments ; son graphisme n’est pas de ceux que je préfère, sinon il serait monté haut dans mes lectures du moment.
Littérature

Multiple Choice – La couverture du bouquin résume assez bien ce qui s’y trame : ça commence comme de la micro-fiction, puis ça s’élargit un peu vers quelque chose qui tient de la petite nouvelle, de l’autofiction fragmentée, au fond d’une forme indéfinissable et qui est entièrement contenue dans le format d’un questionnaire à choix multiple. Très étrange petit livre, donc, à la lecture fort plaisante, même si je ne suis pas sûr d’y avoir saisi beaucoup plus que l’essentiel.
Non-fiction

L’Établi – Ça faisait un moment que je n’avais pas lu de littérature prolétaire et ça fait toujours du bien d’y revenir, surtout avec ce petit bouquin que Camille offre à tout le monde en disant que c’est notre préféré. Son style est sec et son propos assez direct, celui de la dissection des rapports de force dans une usine Citroën où s’opposer aux chefs est difficile mais pas impossible. La faiblesse du livre est peut-être de s’astreindre à raconter une tranche de vie sur un an, en faisant fi du contexte extérieur à la fois personnel et politique, là où un Ponthus décrivait bien comment le travail ronge également la vie à l’extérieur de l’usine, mais ça ne fait pas moins de L’Établi un récit qui donne envie de séquestrer ses patrons, ce qui est toujours un sentiment agréable.
Page de pub

Finders Keepers #1 – Il est encore un peu tôt pour te parler de la résurrection sous forme de zine de Finders Keepers, ce projet tenu entre 2011 et 2018 et qui consistait, à l’instar de son grand frère Found Magazine, à publier les photos, lettres et autres fragments qu’on trouvait dans la rue et ailleurs… Ça faisait à peu près 8 ans que je voulais en faire un bouquin, mais c’est trop ambitieux alors je vais en faire un zine ! Je t’en reparlerai en octobre mais en attendant tu peux toujours cliquer ici pour ne pas louper le lancement, et là pour fouiller dans les archives...
Séries

Euphoria saison 3 – Je m’étais préparé au pire en lançant cette dernière saison d’Euphoria, qui arrive bien après les autres et que tout le monde décrivait comme un accident industriel. Et effectivement, la seule façon de trouver un peu de grâce à cette saison 3 c’est de considérer qu’il s’agit d’une autre série, qui ne parle pas du tout des troubles d’adolescent⋅es torturé⋅es mais plutôt de cartels et de carrière dans le porno semi-pro, comme une sorte de Breaking Bad au rabais. Les personnages sont presque tous des archétypes exagérés, certains à mille lieux de leur complexité passée, et les épisodes enchaînent les clichés et les références religieuses avec, il faut tout de même le reconnaître, un certain talent qui donne envie d’aller jusqu’au bout (et ce final c’est tout de même quelque chose, mais pas forcément dans le bon sens du terme). Heureusement que Zendaya est une excellente actrice et permet un peu de se relever de ce naufrage dont, en effet, j’aurais pu me passer.

Freak of the Month – Je t’ai déjà parlé en ces lieux des géniaux Zeph & Ramo, qui font des vidés très longues sur des sujets obscurs liés au jeu vidéo ; il se trouve qu’ils ont aussi fait partie cette année de la team Origami en produisant une série de très courtes vidéos sur des jeux bizarres. Entre 2h30 et 5 minutes, on y perd forcément un peu dans la profondeur d’analyse, mais pas dans la finesse : la série des Freak of the Month est un bon condensé de quoi les compères sont capables et, comme on dirait bien que l’exercice leur a plu, j’espère qu’il sera renouvelé l’année prochaine !

Feel Good saison 2 – Difficile de conclure avec le sourire une série qui parle d’addiction et de trauma, et c’est pourtant la cabriole que parvient à faire cette 2e saison de Feel Good, qui s’achève avec ce qui est le plus proche possible de la rédemption et d’un début de bonheur pour les deux personnes cabossées qu’on a suivies pendant 12 épisodes. L’équilibre entre blagues maladroites et sujets difficiles devient encore plus tendu que dans la saison précédente mais est maintenu avec brio, et si j’aurais suivi avec plaisir cette grappe de personnages encore un moment, c’est très bien que la série s’arrête à son sommet !

Taskmaster saison 4 – Cette 4e saison m’a réconcilié avec Noel Fielding, qui y apporte sa folie douce et me fait presque lui pardonner ma déception face à The Mighty Boosh ; elle contient aussi plus de blagues que jamais sur la relation SM entre Greg Davies et Alex Horne, ainsi que le mélange habituel entre candidat⋅es naïves et touchantes et le papy de l’équipe qui s’en prend plein la tête… Taskmaster c’est vraiment l’ami qui ne déçoit jamais et je suis bien content qu’il nous reste encore une dizaine de saisons (!) à regarder ! Tâches préférées : chorégraphie sur sonneries de portables ; différentes choses autour d’une baignoire ; faire le bruit le plus long ; confectionner le sandwich le plus exotique, puis le manger.
Spectacles

APC Catch, Triumph in Paris – Autant commencer par dire que ç’avait beau être une soirée anniversaire, cinq heures (!) de catch en direct, c’était un peu trop ; et c’est peut-être parce que j’ai mes petites habitudes mais j’ai trouvé que l’immense salle réservée pour l’occasion avait moins de charme que le plus petit studio Jenny. Qui dit soirée anniversaire dit plein d’apparitions surprises et de rebondissements auxquels je n’ai pas capté grand-chose, étant largement en dehors du cercle des initiés ; ça ne m’a pas empêché d’apprécier les apparitions de mes chouchous (Céline, JGU et les autres zozos du Suplex Republik) et c’était assez rigolo de revoir des poids lourds comme Mecca ou Ordo après leur apparition lors du catch drag de l’autre fois (c’était les mêmes slips mais d’un seul coup devenus virils). Ce que je retiendrai de la soirée c’est surtout un très beau match entre Ordo et Mustafa Ali, où la puissance et la technicité des catcheurs était très loin d’être du chiqué !
Films

Wolfwalkers – Ça faisait un moment que je voulais voir ce film, et pas que parce qu’un ami a bossé dessus (coucou Félix !) : on avait renoncé une première fois pour cause de peur de ma nièce et ensuite la folie Shrek s’était emparée de la maisonnée. Cette semaine de vacances était le bon moment pour apprécier ce vrai bon film, qui s’éloigne des sentiers battus en termes de contexte et m’a pas mal rappelé un arc narratif de Hilda en guise d’histoire. Bon, au-delà de la joliesse de l’ensemble, il faut aussi dire que tout film avec une petite fille un rien badass marque facilement des points en ce qui me concerne...

Énorme – On avait baillé devant Voyages en Italie (et jamais fini le film), allait-on nous ennuyer devant cet autre film de Sophie Letourneur ? Eh bien pas vraiment mais on retrouve dans Énorme cette tendance à filmer les choses très bizarrement et à diriger une fiction comme s’il s’agissait d’un documentaire, tendance ici accentuée par le fait qu’à part Marina Foïs et Jonathan Cohen, tout le monde incarne ici son propre rôle ou presque (oui, y compris le chaman, Camille a vérifié). Ajoutons à cela qu’Énorme ne sait pas trop s’il souhaite être une comédie légère ou un film honnête sur le parcours d’un couple face à une grosse ; ajoutons aussi que son intrigue repose entièrement sur un acte légalement répréhensible et moralement impardonnable qui n’occupe pas un si gros poids dans le récit ; tout ça fait qu’Énorme, sans m’avoir tout à fait déplu, m’a suffisamment désarçonné pour que je me méfie encore plus des films de Letourneur à l’avenir...

Vi är bäst! – Je ne sais plus qui m’avait parlé de ce film suédois qui raconte l’errance de deux (puis trois) jeunes adolescentes dans les années 80, entre découverte du punk et affirmation de soi… Qu’iel en soit remercié⋅e puisque Vi är bäst! est un chouette petit film, dans lequel il ne se passe finalement pas grand-chose à part du tripatouillage de musique et des rencontres avec des mecs nuls. J’ai eu néanmoins plaisir à suivre cette petite tranche de vie et j’en ressors avec quelques références musicales scandinaves à aller écouter…

Matilda – C’est difficile de regarder cette adaptation du roman de Roald Dahl (dont ma fille a écouté en boucle la version audio) en ignorant la patine des années 1990, qui rend l’ensemble un peu kitsch : ça ne fait pas de Matilda un mauvais film, car Danny DeVito (à la réalisation, entre autres) connaît son boulot. C’est la quintessence du film pour enfant, avec des méchants très bêtes, une vraie méchante très méchante, et des gentils tous très gentils ; mais ça passe, grâce aux moments d’humour et d’action plutôt bien fichus et au respect de l’histoire originale, y compris dans ses moments de cruauté.
Jeu vidéo

Cult of the Lamb – Je m’étais pourtant juré que je ne retomberais pas dans un jeu de construction de communauté, tant je trouve ce genre chronophage et souvent peu satisfaisant quand on prend un peu de recul… Il en va malheureusement de même pour Cult of the Lamb, qui est certes mignon dans ses graphismes mais assez lassant dans son gameplay, qui emprunte donc à des jeux de communauté et des jeux de roguelike, ce qui aboutit à une union assez tiède des deux. Je suis allé jusqu’au bout par complétisme mais le jeu m’est apparu assez vite répétitif, je dois dire que j’ai du mal à voir ce qu’il a de si fantastique…
Jeux de société

Agent Avenue – La semaine dernière, c’était le moment de faire un petit tour au FLIP, ce fabuleux festival de jeux de société à Parthenay dont la visite a été pas mal compliquée cette année par la canicule. Ça m’a quand même permis de tester quelques jeux et d’en acheter un certain nombre, à commencer par ce jeu à deux qui était sur mon radar depuis un moment et s’est avéré être diablement efficace. D’abord parce que ses parties sont plutôt courtes, ensuite parce que l’interaction y est à son maximum, enfin parce qu’il repose entièrement sur un principe d’anticipation des coups de l’adversaire : si je fais ça elle va faire ça, alors je vais lui faire croire que je fais ceci pour qu’elle fasse cela… C’est sans nul doute le coup de cœur du moment, d’ailleurs on enchaîne les parties à la maison depuis une semaine !

Pickomino mini – On est également pas mal retournés vers ce grand classique, désormais disponible dans une boîte de taille minuscule, ce qui en fait le jeu idéal à emmener en voyage (on a d’ailleurs aussi récupéré un Bazar bizarre sur le même format). C’est un jeu de « stop ou encore » aux mécaniques toutes simples mais diablement efficaces, où tu sens que le moindre petit détail a été peaufiné pour proposer une expérience aux petits oignons ; bref, il n’usurpe pas son titre de classique du genre ! Sa seule faute de goût, c’est bien sûr de ne pas avoir intitulé cette version Pickomini…

Gem – Dernière expérience ludique (de la semaine), petit jeu d’enchères pour l’instant principalement testé à deux… et ça fonctionne quand même, ce qui n’est pas rien en la matière. Là aussi, on est sur une logique d’anticipation des décisions de l’adversaire, avec en plus de la stratégie sur le long terme et des dépenses de ressources, domaines dans lesquels je suis assez mauvais… mais je perds ici avec plaisir ! Gros plus également, le format minuscule du jeu.

なつのたからもの – Un dernier jeu testé ou plutôt redécouvert cette semaine, hors-FLIP : Circus Flohcati est aussi un jeu de Reiner Knizia, ça repose aussi (entre autres) sur un concept de « stop ou encore » et si le jeu est honnête-sans-plus, j’en parle ici car ce qui est rigolo c’est de comparer cette magnifique édition japonaise (celle que j’ai) avec les visuels des différentes éditions allemandes (les originales) qui sont globalement toutes très moches. Ça donne vraiment l’impression que les éditeurs japonais se sont dit « OK, niveau gameplay c’est chouette mais les visuels là c’est juste pas possible »...
Musique

Marguerite, Grandir – Ça devient rare mais j’aime bien écouter de la pop sucrée de temps en temps, et tant qu’à faire autant qu’il y ait quelque chose de substantiel derrière des mélodies tout à fait calibrées pour rester dans la tête : une ritournelle sur les injonctions féminines, une ballade pop sur la vie domestique, une chanson sur la beauté des autres, l’inévitable complainte de la rupture, une voix-piano un peu triste… Et bien sûr la chanson sur la bisexualité qui a séduit tout le monde, moi compris. C’est un peu trop formaté sans être déplaisant, ça a le goût salé de la mélancolie, bref c’est un disque de début de vacances, qui fait du bien sans trop en faire.
L’arrière-queer de Milouch

PRIDE de Matthew Warchus
Au tout début de l'arrière-queer (il y a 3 ans) je vous avais parlé de Lesbian and Gays support the miners, un mouvement queer de soutien à la grève des mineurs de charbon du pays de Galles. Et aujourd'hui, j'ai enfin pu voir le film qui raconte cette histoire : PRIDE.
Et alors autant vous le dire tout de suite, il s'agit d'un des plus beaux films que j'ai pu chroniquer ici. Et peut être un des plus beau film que j'ai pu voir ever. Si vous ne deviez voir qu'un seul des films que j'ai chroniqué, c'est celui-là.
C'est touchant, intense et juste. Le récit d'une des plus belle convergence des luttes jamais réalisées. Des trajectoires individuelles qui se rassemblent dans le collectif et un portrait hyper intéressant du Royaume-Uni des années 80.
C'est le récit d'un combat commun, combat qui ne se finit pas comme un conte de fée mais c'est rarement comme ça que se terminent les luttes.
PS : depuis j'écoute des chants syndicaux et avoir en tête le très optimiste “Solidarity Forever” ne nous sauvera pas de la canicule mais m'a personnellement aidé à la supporter.
Et toi

Cédric : Would I lie to you?
Que faire quand vous n'avez plus d'épisodes de Taskmaster pour vous faire rire comme un petit goret ? Non, pas les variantes australienne, néo-zélandaise ou même québécoise, ce ne sont que des ersatz. Par contre, YouTube nous connaît bien car il nous a poussé Would I lie to you?, une émission de la BBC où l'on retrouve des trombines bien connues de Taskmaster. Le concept est simple : des artistes lisent des cartons sur lesquels sont écrites des anecdotes. Ils racontent l'événement, répondent aux questions des autres participants puis il y a un vote pour savoir si c'est vrai ou faux. Le truc, c'est que les participants découvrent la prétendue anecdote au moment de la lecture de la carte, donc si c'est une fausse histoire, ils vont devoir improviser un récit crédible. Et si la carte narre une péripétie qu'ils ont vraiment vécue, ils peuvent être tentés de faire semblant de se tromper pour induire les autres en erreur. Le jeu se déroule en équipe, et chacune est dirigée par un comédien permanent (David Mitchell et Lee Mack) qui sont des improvisateurs redoutables et sont dotés d'un très grand sens de la répartie. Si bien que la moindre incohérence scénaristique est pointée du doigt, que les situations abracadabrantes sont l'occasion de se moquer du narrateur et qu'un esprit vachard (mais consenti) règne en permanence sur le plateau. Tout le monde en prend gaiement pour son grade. Tous les participants ne sont pas aussi bons improvisateurs, mais il y en a qui vous racontent des histoires qui ne tiennent pas debout et qui sont pourtant véridiques. À l'inverse, certains n'hésitent pas une seconde et vous narrent une anecdote qui semble si réelle, alors que tout est faux. Et les chamailleries entre David Mitchell et Lee Mack, les deux capitaines, participent au plaisir du visionnage. Ça s'envoie des fions pour de faux, ça fait mine de s'emporter, c'est très potache. Comme Taskmaster, ce programme existe depuis 20 ans, donc ce ne sont pas les épisodes qui manquent. On ne se taquine pas ainsi à la télévision québécoise, c'est vraiment un art British que j'affectionne et qui rend les improvisations vraiment marquantes. D'autant que nous ne connaissons pas la plupart des invités de l'émission, donc ce ne sont pas des anecdotes cent fois rabâchées.
Par ailleurs :
— Comme moi, tu es sans doute bien triste d’avoir raté la course de vingt mille canards en plastique.
— Des voix tout autour du monde.
— Simon Li se lance dans une série de vidéos sur la décolonisation nécessaire du jeu de rôle, et c’est une écoute essentielle.
— 10 minutes de skate avec deux cool kids.
— Et pourquoi pas jouer à tous les jeux vidéos Crazy Frog ? Heureusement qu’il y en a peu, ils sont tous atroces.
— Retour aux années 90-2000 avec cet outil en ligne qui te permet de faire des collages comme au bon vieux temps.
— Une courte histoire des instructions dans les boîtes de Lego.
— Les autres musiques de la semaine : les mélodies bricolées de Gregory Uhlmann, le presque 500e concert des vénères de La Jungle et la pop faussement décontracté de Self Improvement.
Des bises
et à dimanche prochain en compagnie de Emilie Zoé.
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