La compote de Côme #279
Des écureuils, un majordome et un club très fermé.
Jeux de rôles

P-Écureuils – Jouer des animaux, c’est presque banal désormais, même si incarner des écureuils est plus rare. Incarner des personnages qui ne peuvent pas s’exprimer par des mots, ça c’est déjà vu, même si échanger des couinements et des claquements de langue pour se faire comprendre, c’est moins attendu. Et encore, je ne t’ai pas dit que p-Écureuils se joue avec des cacahuètes, qu’on peut en sus garder dans sa bouche pour des réussites futures...

To Serve – J’ai d’abord été attiré par ce jeu grâce à cette superbe lettrine que tu peux admirer ci-dessus, mais je dois dire qu’en outre j’aime bien l’idée de jouer les serviteurs d’un chevalier un peu maladroit, qui doivent se mettre à son service en toutes circonstances. On n’est pas loin d’une situation où le MJ est le personnage principal et les autres joueurs sont à son service, au fond...

Fame - Ça ne m’arrive pas si souvent, au fond, d’être enthousiasmé par un jeu, et celui-ci fait partie de mes coups de cœur récents, même dans cette version incomplète ! Ça tient sans doute à son système sans dés d’une simplicité absolue (j’aurais aimé le connaître avant d’écrire certains de mes jeux), à son univers de divinités imparfaites et manipulatrices qui évite soigneusement de s’en référer à Gaiman (on est plutôt du côté de The Wicked + The Divine), ou encore à son système de création de personnages qui vont mal et ne vont pas aller en s’arrangeant… Le jeu est déjà très jouable en l’état mais je sens que sa version complète fera partie des jeux dont on parlera pendant un moment encore !

A Lone Oar – En tant que jeu de rôle solo, A Lone Oar n’a rien d’extraordinaire et est même assez tiède. Mais en tant que document, c’est une grande réussite, car ce petit livret est autant un jeu qu’un récit visuel, le genre de mariage entre deux façons de s’exprimer qu’on devrait croiser plus souvent tant ils sont impactants...

Block Quest – Block Quest aurait pu être super cool, une sorte de mélange entre Zelda: Breath of the Wild et Minecraft, le tout dans un écrin rôliste plutôt convaincant. Franchement, un jeu qui utilise des briques de construction tout à la fois comme système de résolution, de gestion d’inventaire et d’exploration, je trouve ça brillant… Hélas, sa présentation laisse sérieusement à désirer et même en ayant fait plusieurs allers-retours dans ma lecture je ne suis pas certain d’avoir tout compris dans la façon d’y jouer, ni même si le document est complet, d’ailleurs. Mais si son auteur n’abandonne pas le projet et continue de le peaufiner comme il le promet, ça pourrait donner quelque chose de très chouette à l’avenir !

The Gallant and the Virtuous – Je termine mon exploration des jeux de Kayla Dice, et des jeux de chevalerie (au moins pour cette semaine) avec ce petit jeu se proposant de raconter des joutes, des joutes et encore des joutes, avec un petit système de résolution très simple et une poignée d’ellipses entre chaque rencontre. Tout cela aurait pu constituer un jeu d’une dizaine de pages à peine mais l’autrice prend son temps, explique bien les choses et fournit moult exemples de partie, le tout aboutissant à un gros pavé finalement assez agréable à parcourir !
Bandes dessinées

Safari Honeymoon – Pas de métaphore ou de récit symbolique à aller chercher dans cet opus de Jesse Jacobs : je peux tout à fait imaginer qu’il l’a créé pour le plaisir de dessiner des plantes tordues et des créatures étranges à foison… Et, ma foi, j’ai eu tout autant de plaisir à les admirer, malgré une fin un peu abrupte (on sent qu’il avait fait le tour des types différents de lianes).
Littérature

In Universes – Le roman ne le cache pas du tout, on va ici parler d’univers parallèles et des différentes perspectives que son héroïne aurait pu prendre, ce qui amène chaque chapitre à produire un « et si ? » différent, de la plus petite déviation aux univers sensiblement différents. Mais sous cette première couche (un brin répétitive dans sa première partie, il faut le dire) se dissimule un entrelacs de discours sur l’identité, sur la dépression, et d’autres choses encore, qui font de l’ensemble quelque chose de très poignant malgré son aspect un peu décousu.

Jeeves et la saison des amours – D’habitude il en faut beaucoup pour que j’abandonne un bouquin en cours de route, mais là il faut bien me résigner : ce qui me faisait sourire dans les nouvelles de P.G. Wodehouse me convainc bien moins en roman et, comme ce volume trouvé en bas de chez moi contient 4 ou 5 romans en plus de celui que j’ai tenté de lire (et pour lequel je me suis arrêté au bout de 50 pages) il était temps de m’économiser. Il semble donc que l’humour impliquant de jeunes rentiers déconnectés de la réalité et leurs majordomes stoïques ne marche qu’à petites doses...
Série

Nathan For You saison 3 – J’avais remis à plus tard les deux saisons de Nathan For You qui me restaient à voir, un peu trop penché vers le côté cringe du concept ; l’humour de Nathan Fielder a toujours consisté, en partie, à mettre des gens banals dans des situations très gênantes, mais il se moquait un peu trop d’eux à leurs dépens à mes goûts. La tendance reste encore légèrement présente dans cette 3e saison mais est très largement compensée par ce qui m’a fait aimer The Rehearsal : des scénarios de plus en plus complexes pour faire face à des situations assez banales, et une volonté de bien montrer que le plus ridicule et étrange du lot, c’est bien Nathan Fielder lui-même. Si la tendance se poursuit sur la même perspective, la saison 4 de la série devrait être un sacré quelque chose...
Films

Backrooms – J’avais bien sûr des doutes avant de voir Backrooms : allais-je apprécier ce qui était fondamentalement un film d’horreur, moi qui suis bien plus attiré par les vibes de l’original ? Ne risquait-on pas de se noyer dans le lore et/ou le fan service ? Eh bien je suis ravi de t’annoncer que Backrooms est un excellent film, qui ne tombe dans aucun de ces pièges ! Certes, il y a un peu trop de jumpscares à mon goût et les explications psychologisantes des actions des protagonistes sont très peu subtiles, mais les vibes sont bien présentes et donnent un film vraiment impeccable en termes d’ambiance (le scénario n’étant finalement qu’assez secondaire). Le résultat tient parfaitement tout seul, sans avoir besoin de voir les courts-métrages qui y ont amené, et surtout, surtout, sans avoir besoin d’une quelconque suite, par pitié...

Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban – Après qu’elle a écouté environ 6 fois l’audiolivre du tome 3 d’Harry Potter (ça représente une soixantaine d’heures, tout de même) il était temps de montrer à Madeleine le meilleur film de la saga ; pas tant à cause de son récit (il est intéressant mais mélange tout de même beaucoup de choses et, je suis moi-même surpris de l’écrire, inclut une boucle temporelle pas vraiment utile) mais grâce à sa cinématographie impeccable. Confier la réalisation à un véritable auteur est une très bonne décision qui n’a eu lieu qu’une fois sur 8 et, s’il demeure des problèmes inhérents à l’adaptation en film (le dernier tiers de l’histoire, et notamment le gros twist sur Sirius Black, est tout de même vite évacué), ça donne de très beaux plans et une bascule de la saga vers quelque chose de plus sombre et gothique, pour notre plus grand plaisir. Et maintenant commence pour Madeleine l’attente de la suite, et ça ne va pas être tout de suite...
Jeu vidéo

The Children of Clay – J’ai découvert par hasard ce petit jeu distribué gratuitement sur Steam, qui combine à la fois l’enquête à la Obra Dinn ou Golden Idol (en beaucoup, beaucoup moins ambitieux) et l’horreur diffuse (de façon assez efficace et pas si éloignée de Backrooms, d’ailleurs). Le mélange des deux donne une expérience assez courte (une vingtaine de minutes à tout casser) mais que je déconseillerais juste avant de se coucher.
Musique

Never the Bridle, Feebling – Une fin de soirée à cliquer sur des trucs au hasard sur Bandcamp et me voici sur la page d’une artiste parfaitement inconnue, avec un album à la pochette très moche mais dont les premières notes de basse me convainquent immédiatement. Il y a tout ce que j’aime là-dedans : de la pop DIY un rien tristoune, des mélodies réduites à leur plus simple expression (à part quelques clochettes, on n’entend pas grand-chose que de la guitare ou de la basse là-dedans) et une voix accrocheuse qui se double parfois elle-même pour faire les chœurs. Et en plus les riffs sont accrocheurs, et en plus les paroles sont simples et efficaces tout en abordant de front des choses pas faciles, vraiment que demander de plus sinon d’autres découvertes bienheureuses comme celle-ci ?
L’arrière-queer de Milouch

Le Chœur immortel portera toutes les voix
Et hop, on revient à Margaret Killjoy avec le dernier né de la série de Daniel Caïn.
Ce tome se différencie un peu des deux premiers. Je l'ai trouvé moins politique mais plus fantastique. Ce sont plusieurs récits qui sont contés dans cet opus avec des histoires pleines d'action, de sectateurs mais aussi de révolutions. Et oui, la marque politique de Killjoy reste bien présente dans ce bouquin et nourrit chaque récit. On a donc le classique récit de commune/squat anarchoqueer inhérent à chaque tome de la série et comme d'habitude, c'est très réussi !
On sent néanmoins un tournant dans la série et une orientation vers quelque chose de plus morcelé et une forme plus chorale. Je ne sais pas encore si ça me plaît ou pas mais une chose est sure, j'ai hâte de voir la suite !!
Par ailleurs :
— Plein de skins Winamp, car il fallait bien les ranger quelque part.
— Comment comprendre un langage extra-terrestre ?
— Camille me fait découvrir ce club des pilotes éjectés en plein vol.
— Si j’avais su qu’un article sur le futur du football américain m’emmènerait aussi loin… Sans rien divulgâcher, c’est sans doute la chose la plus incroyable que j’ai lu ce mois-ci, voire même plus.
— Une horloge faite d’autres horloges.
— Les autres musiques de la semaine : Bollywood version hip-hop, la slushwave quasi lynchienne de 818181 et le blues hanté de Captain Beefheart.
Des bises
et peut-être à dimanche prochain, en compagnie de Dhidalah.
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