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L’INFOLETTRE DES CONTRIBUTEURS
Prévente en ligne du jeudi 5 février
Arrivage en succursale prévu autour du lundi 16 février
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Je tente autant que possible de faciliter l'accès à cette infolettre pour donner envie aux néophytes du vin de s'y intéresser. Cela dit, il m'en coûte maintenant 1000 $ par année pour payer la plateforme d’infolettre que j’utilise. Toute aide est le bienvenue. En échange, vous recevez cette infolettre à minuit le jeudi au moment où les vins deviennent disponibles. Ce n'est pas un abonnement, c'est juste comme donner un pourboire si vous aimez mon travail ! Je ne touche aucun autre revenu avec l'infolettre et celle-ci est libre de publicité.

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Un peu de vantardise aujourd’hui !
Lors du salon des vins naturels RAW Wine Montréal, à la mi-novembre, nous avions donné une conférence sur les vins du Québec (Nival, Bauge et Très-Précieux-Sang). La fondatrice de RAW, Isabelle Legeron, était alors venue me voir, clairement impressionnée par la synergie québécoise et voulant voir une plus grande collaboration entre RAW et les vins du Québec.
Je lui alors annoncé que je serais de passage à Paris au début du mois de février, me rendant vers Wein Goutte en Allemagne pour tailler. Mon idée était de lui proposer qu’on aille prendre un café pour brainstormer, mais ses yeux se sont plus illuminés à l’idée d’avoir un kiosque du Québec.
Je me retrouverai donc à Paris les 8 et 9 février, derrière un kiosque, à faire goûter Très-Précieux-Sang, la Bauge, Nival, Grand St-Charles et Raku. Comble de bonheur, Matis Laroche, qui travaille avec son père au Grand St-Charles, est à Paris ce week-end-là et m’accompagnera derrière la table.
J’ai très hâte de voir la réponse des gens. Bien évidemment, tous les collègues qui ont accepté d’envoyer 6 bouteilles à Paris sont tous bien conscients que l’idée n’est pas d’aspirer à de l’exportation. Cela dit, les vins du Québec se doivent de gagner en notoriété. Parfois, pour exister localement, il faut être reconnus à l’extérieur.
Ça me permet également de vous mentionner que pendant le mois de février, il n’est pas garanti que j’écrive des infolettres. C’est un mixte de vacances et de travail, mais c’est possible que le temps me manque pour continuer la rédaction. J’vais y aller au feeling !
À l'apéro
Des vins qui n'ont pas forcément besoin d'un repas

Masieri 2024 de la Biancara (23,85$)
Blanc. Maule, c'est toujours dans les grands coups de cœur nature en SAQ année après année, surtout pour le prix. 80 % garganega (si beau cépage) et 20 % trebbiano. Pressurage directe, 6 mois en inox, non filtré, non collé, 30 mg/l total de sulfites, donc....NATURE. Provient de sols volcaniques (donnent de si beaux vins). Selon les années, c'est parfois très grand public, parfois moins.

Les Frontons Flingueurs 2024 de La Colombière (24,85$)
Rouge. Appellation Fronton, dans le sud-ouest, là où on trouve des vins avec énormément de fruits quand on travaille sans trop d'extraction. Domaine biodynamique de 17 hectares mené par Diane et Philippe Cauvin. Cuvée de négrette issue de sols argilo-sabloneux et graveleux, égrappé et élevé en béton (j'adore le béton). Sur 2019, c'était vraiment très bon, très léger pour un vin du sud, qui passe très bien de l'apéro au BBQ.

Anjou Enlèvement 2023 de Nicolas Reau (26,60$)
Rouge. Nicolas Reau s’est installé au sud d’Anjou (les galeries là) en 2002 où il cultive 8 hectares en bio. Il est un visage connu de la Loire dans la scène du vin nature. J’ai bien aimé sa cuvée “Chenin méchant” l’an dernier. Par contre, je n’ai jamais goûté ses rouges. C’est pas donné à tout le monde de faire du petit cabernet franc de soif à 11,5 % d’alcool, alors ça vaut la peine de tester le matos avant d’acheter une caisse complète !

Pierres sauvages 2024 du Vignoble du Rêveur (27,35$)
Blanc. Mathieu Deiss a repris le domaine de son grand-père Marcel, grand nom alsacien. Cela dit, au Vignoble du Rêveur, c'est vraiment là que Mathieu exprime toute sa créativité et sa folie. D'ailleurs, l'épisode du balado du Bon Grain de l'ivresse avec lui est vraiment intéressant. Cette cuvée provient d’une parcelle complantée de pinot auxerrois, pinot gris, blanc et noir. C’est toujours très très bon.

Sant'Or 2024 de Santameriana (26,45$)
Blanc. Panagiotis Dimitropoulos est installé à Santameri où il est à la charge du domaine familial qu'il travaille en biodynamie. Sur cette cuvée, il cherche à faire renaître le santameriana, cépage blanc obscur que lui seul vinifie à ce jour. Vinification sur levures indigènes en cuve inox, puis élevage de 6 mois en cuve également. Non collé, non filtré, léger ajout de So2 à la mise en bouteille. J'en ai acheté une lors de l'arrivage de l'an dernier et j'avais bien aimé, un beau vin de crabe (j’t’en avance cette année).

À l’Aube 2022 de Laura David (35,75$)
Blanc. Vigneronne que je ne connais pas, mais qui a été qualifiée de Découverte de l’année 2023 par la Revue de Vin de France. Laura cultive neuf hectares en bio à Montlouis-sur-Loire depuis 2017. Ça semble être une cuvée produite à partir de ses propres vignes, bien qu’elle n’apparaisse pas sur son site internet. 70 % chenin et 30 % chardo. Je crois comprendre qu’elle fait souvent de légères filtrations et sulfite légèrement les vins.
Effervescence
Des bulles, ça se boit à l'apéro, à table, en fin de soirée ou bien ça se met en cave

Vouvray 2024 par Le Facteur Su'l vélo (28,85$)
Blanc. Après avoir complété une formation universitaire dans le domaine du vin, Fabien Brutout a rejoint le projet de Mathieu Cosme, à Vouvray. Partageant la même vision du vin et du travail à la vigne, ils ont décidé de partir un projet conjoint : Le Facteur. Chenin planté sur des sols argilo-calcaires avec 7 mois d'élevage en fûts suivant la fermentation avec levures indigènes. 30 mg/l de sulfites, donc se qualifie pour le nature ! Le chenin peut être ample, donnant des vins de table, mais à Vouvray, en raison des sols, on est sur des expressions vives qui ouvrent la soif !

Conca del Riu Anoia 2023 de Raventos i Blanc (38$)
Bulles. J'adore cette maison de cava qui a en fait quitté l'appellation, ne trouvant pas chaussure à son pied dans celle-ci. Cette maison travaille en biodynamie, avec des cépages indigènes et fait des vinifications naturelles. Des bulles salines reposant sur une grande acidité avec en prime, toujours de belles textures venant de l'élevage sur lattes.

Écueil Trépail Blanc de blancs de Frédéric Savart (213,75$)
Champagne. Frédéric Savart a repris les vignes de son père Daniel, à Écueil, 10 km à l’ouest de Reims. Il représente donc la troisième génération de Savart à travailler les quatre hectares de vignes. On est allés le rencontrer dans le cadre de Supernaturel ! Il partage une philosophie similaire à celle des Bérêche à la vigne, en n’utilisant ni herbicides, ni pesticides, ni engrais chimiques. Il produit entre 30 000 et 40 000 bouteilles par an, dont 65 % sont exportés. C'est un grand curieux, et passionné de vin, qui s’intéresse beaucoup à ce qui se fait ailleurs et qui adore expérimenter sur ses propres vins. Selon le dernier arrivage, ça serait les chardonnays provenant du Mont des Chrétiens sur Écueil et ceux de Trépail.
À table
Des vins qui s'apprécient davantage autour d'un plat

Szekszárd Kadarka 2024 de Heimann (27,90$)
Rouge. Heimann est un domaine familial hongrois qui prend beaucoup de fierté dans le fait de travailler avec des cépages locaux, dont le kadarka (voir article Jancis Robinson). J'ai goûté ce vin lors du premier arrivage et j'avais bien aimé : rouge léger, un peu épicé, assez polyvalent pour la table avec une structure de vin assez léger. Fermentation spontanée sur levures indigènes, élevage en fûts et inox. Légèrement filtré.

Langhe Nebbiolo 2022 de Josetta Saffirio (34,75$)
Rouge. Josetta Saffirio et Roberto Vezza sont à la tête de ce domaine de cinq hectares, qui était à la base un seul hectare de vignes plantées par le grand-père de Josetta. J'aime beaucoup leur Barbera d'Alba. Domaine qui est certifié bio depuis 2017 et qui travaillait en lutte raisonnée avant, à Castelleto di Monforte d'Alba. Nebbiolo égrappé, macération de 10 jours en cuve inox à température contrôlée, 12 mois d'élevage en foudre.

Penedès Saltamarti 2024 d'Els Vinyerons (22,85$)
Rouge. Le duo de vignerons Amos Baneres et Alex Ruiz produit des vins nature avec la volonté de faire redécouvrir les terroirs de leur région. Il faut dire que le Penedès produit beaucoup de vins, dont une bonne partie générique et industrielle. C’est la première fois que je vois une cuvée de rouge en SAQ et j’en suis donc bien curieux pour le prix. 100 % tempranillo avec macération de 10 jours, élevage de 12 mois en fûts et le tout à 11,5 % d’alcool !

Rasteau 2023 du Domaine Élodie Balme (34,50$)
Rouge. Élodie Balme est certifié bio au champ et au chai, travaille ses vins en maximisant l'expression du fruit. Assemblage typique de la région avec prédominance de grenache, le tout provenant de vignes âgées entre 30 et 50 ans plantées sur des sols d'argiles et de marnes. 28 jours de macération égrappée, vinifié et élevé en cuves béton et en demi-muids.
De grande occasion
Des bouteilles plus rares à boire maintenant ou à faire vieillir

Bourgogne aligoté 2022 d'Athénaïs de Béru (45,75$)
Blanc. Athénaïs est une vigneronne de grand talent. Elle travaille en biodynamie, depuis 2011, dans le nord de la Bourgogne. C'est un grand grand nom dans le monde du vin. Toujours beaucoup de plaisir et d'émotions avec ses vins. Achat de raisin dans l'Yonne (commune de Saint-Bris), certifiés bio. Elle a une relation de grande proximité avec ce producteur de raisins en participant aux prises de décisions au champ. 18 mois d'élevage en vieux fûts et cuve.

Bourgogne 2022 de Marthe Henry Boillot (67,75$)
Blanc. Marthe Henry Boillot a repris le domaine de son grand-père Pierre Boillot en 2013. Elle a d'abord travaillé comme journaliste à Paris avant de décider de revenir à ses souches familiales, à Meursault. Elle est allée suivre sa formation à Beaune et a notamment travaillé chez un vigneron que j'adore : Jean-Yves Devevey. C’est sa cuvée “villages” ici, d’entrée de gamme, qui est une belle introduction à son style sans devoir vendre un rein. Mais parlant de vendre un rein, son Pommard 2022 sort également cette semaine, à 143,50$.

Sancerre Le Clos de Bannon 2023 du Domaine Fouassier (42$)
Blanc. Vous commencez à connaître mon amour pour ce domaine. Souvenez-vous également de son Iconoclaste en bombe de fruits. Ils travaillent en biodynamie sur une soixantaine d'hectares de vignes, ce que je trouve impressionnant ! Bref, c'est une cuvée parcellaire (c'est le premier domaine à avoir commencé à travailler en parcellaire en Sancerre !). Le Clos de Bannon est planté sur des argiles à silex. Ce sont des vignes de sauvignon de 35 ans, exposées sud-est. Toujours un élevage sur lies d'un an avant la mise en bouteille.
À coucher
Des cuvées qui méritent un temps d'attente pour se dévoiler

Cornaline 2020 du Domaine Hauvette (80$)
Rouge. Magnifique domaine biodynamique situé en Baux de Provence dont nous avions une cuvée au Candide. Celle-ci est un assemblage de grenache, syrah et cabernet sauvignon, des vignes ayant en moyenne 40 ans d'âge. Dominique possède aujourd'hui 17 hectares tout près d'un autre domaine très réputé, le Domaine Trévallon, alors qu'il y a 30 ans, elle était avocate en Savoie.

Marsannay 2023 du Domaine Sylvain Pataille (79,75$)
Rouge. Cool vigneron de la Côte d'Or, en Bourgogne. Il était un peu le centre d'attraction de la dernière édition de RAW tant ses vins sont bons et le bonhomme, sympathique. Il travaille en bio, il a commencé avec un hectare en 1999 (aujourd'hui il en a 15). J'aime beaucoup ses blancs (il fait dans les plus grands aligoté qu'il soit), mais je connais moins ses pinot haut de gamme. Cela dit, en entrée de gamme c'est délicieux, alors ce serait surprenant que ce vin ne soit pas à la hauteur de tout ce qu'il fait d'autre ! Jump de 25 % du prix depuis le millésime d’avant, ça fait mal un peu quand même.
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