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L’INFOLETTRE DES CONTRIBUTEURS
Prévente en ligne du jeudi 28 août
Arrivage en succursale prévu autour du lundi 8 septembre
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Je tente autant que possible de faciliter l'accès à cette infolettre pour donner envie aux néophytes du vin de s'y intéresser. Cela dit, il m'en coûte maintenant 1000 $ par année pour payer la plateforme d’infolettre que j’utilise. Toute aide est le bienvenue. En échange, vous recevez cette infolettre à minuit le jeudi au moment où les vins deviennent disponibles. Ce n'est pas un abonnement, c'est juste comme donner un pourboire si vous aimez mon travail ! Je ne touche aucun autre revenu avec l'infolettre et celle-ci est libre de publicité.
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Est-ce que vous savez c’est quelle couleur de vin dans la photo ci-dessus ? C’est rosé. C’est un vin rosé foncé. Est-ce que c’est sucré ? Pas du tout.
Je vous en parle, parce que cette semaine nous avions une journée entre collègues de l’industrie du vin au Québec et on a longtemps jasé du fait que les rosés québécois ne vendaient pas en SAQ en raison de leur couleur jugée trop foncée et donc associée à du vin sucré. Je pense qu’il y a encore beaucoup d’éducation à faire sur la couleur du rosé, parce qu’en forçant les producteurs à tout faire pour faire des rosés de type “Provence”, on passe à côté de beaucoup de plaisir.
De toutes mes années travaillées au Candide, je pense que le rosé foncé était la bouteille préférée de l’équipe et donc ce qui se buvait le plus souvent à la fin d’un service, été comme hiver. Pourquoi ? Le rosé foncé, qui implique souvent une macération à froid d’à peine quelques heures, permet d’aller chercher une bonne partie de l’aromatique fruitée des raisins sans pour autant en extraire de tanins. Les tanins sont importants dans le vin, permettent une bonne conservation et sont essentiels dans la structure pour accompagner un repas, mais justement, lorsque l’on ne mange pas, on n’en recherche pas forcément. À savoir aussi que les producteurs n’hésitent pas non plus à cueillir les raisins plus tôt pour avoir moins d’alcool et plus d’acidité. Bref, c’est tout le plaisir du rouge, mais avec un élément de soif central au vin.
Vous voulez en essayer ? Voici ce qu’il y a présentement dans le réseau, mais malheureusement ils sont rares dans l’offre de la SAQ. Cela dit, je n’en manque jamais un dans mon infolettre.
Sottise 2024 par le Sot de l’Ange
À Table!!! 2024 par Fabien Jouves
Frei Korper Kultur 2020 des Schmitt
Rosato di Ampeleia 2022 d’Ampeleia
Des vins qui n'ont pas forcément besoin d'un repas
Brise d'Aunis 2024 de La Grange aux belles (33,75$)
Rouge. À la base, La Grange aux belles, c'est le projet de Marc Houtin, fondé en 2004 alors qu'il avait fait plusieurs stages et qu'il avait envie de faire des vins nature. Julien Bresteau a rejoint le projet en 2008, puis Rémi Fournier et Gérald Peau quelques années plus tard. Ils travaillent une quinzaine d'hectares à Anjou, autour de l'AOC Coteaux de l'Aubance. Pinot d'aunis de compétition, bas en alcool et débordant de fruits, année après année.
Côte de Rouffach Riesling 2023 de René Muré (35,25$)
Blanc. Véronique et Thomas Muré travaillent 12 hectares en biodynamie à Rouffach, sur le domaine familial. J'adore leurs vins, mais plus particulièrement ce riesling. Vignes de 40 ans sur une parcelle composée majoritairement de calcaire. L'élevage se fait sur lies fines pendant 18 mois. Riesling sec et vivifiant, parfait pour ouvrir la soif.
Sanlúcar de Barrameda Manzanilla En Rama 2025 d’Emilio Lustau (34$/500ml)
Xérès. Lustau est une des très bonnes maisons de xérès, existante depuis 125 ans en Andalousie. En général, dans l'industrie du xérès, on fait des assemblages en gros volumes pour produire des xérès de commodités. Chez Lustau, on tente de produire des produits uniques qui racontent une histoire. Essayez ce genre de xérès sur un apéro avec beaucoup de bouffe : olives, noix, pain, fromages affinés, charcuterie. Vous n’en serez pas déçu.e.s. C’est pratiquement intuable une fois ouvert, donc ça peut se boire sur des mois sans problème, mais je préfère garder au frais (frigo ou cellier) une fois ouvert.
Des bulles, ça se boit à l'apéro, à table, en fin de soirée ou bien ça se met en cave
A Pèl Brut Nature 2022 de Loxarel (21,30$)
Bulles. Domaine biodynamique familial situé dans le Penedès, en Catalogne, qui produit des bulles phénoménales, représenté par Ward & Associés. Chez Loxarel, on sait jouer avec la chaleur du Penedès. Avec d'autres jeunes producteurs, ils se sont dotés d'une appellation d'origine contrôlée misant sur la qualité des bulles, appellée Clàssic Penedès, où les vins doivent être bio et l'élevage sur lattes d'un minimum de 15 mois. Assemblage composé à 50 % de xarel-lo, 25 % chardonnay et 25 % macabeo. Je vous le DIS : Y’a pas meilleur rapport qualité-prix de bulles en SAQ.
Galipette 2022 des Vignobles Pueyo (29,55$)
Bulle. Christophe Pueyo est l'un des trop rares producteurs nature à Bordeaux. Il travaille avec son oncle Jean-Paul 8,5 hectares de vignes à Libourne, à côté de Saint-Émilion. Depuis 2010, le domaine est travaillé en bio. Leur Bordeaux en SAQ est très grand public et on aimait bien travailler une des cuvées pas chères en importation privée au Candide. Je n’ai jamais goûté cette bulle de sémillon, muscadelle et sauvignon blanc cela dit. Sûrement légèrement aromatique, agréable à table.
Des vins qui s'apprécient davantage autour d'un plat
Côtes du Rhône Le Temps est venu 2023 de Stéphane Ogier (26,65$)
Rouge. Stéphane a repris le domaine des mains de son père en 1997 après avoir travaillé en Bourgogne, où il a appris à faire des vins en finesse et en élégance. Il a agrandi le domaine en mettant la main sur des tops parcelles à Côte-Rôtie et à Condrieu, entre autres. Cette cuvée d'entrée de gamme est un assemblage de grenache et de syrah, parfaite à table.
Valcanzjria 2023 de Gulfi (31$)
Blanc. Matteo Cattania poursuit le travail de son père Vito avec qui il a travaillé pendant 20 ans. Ils font de grands vins, tout en bio, dans le sud-est de la Sicile, sur des terroirs quand même assez distancés les un des autres. L'œnologue qui fait les vins, Salvo Foti, dont j'ai parlé dans mon livre, est un artisan immensément respecté sur l'Etna. Les vins sont parfaits pour la table, la viande notamment, avec toujours assez de puissances et de bois pour accompagner les repas plus costauds, mais sans jamais ajouter de lourdeur au repas. Je n'ai pas trouvé grand chose, mis à part que c'est un assemblage de chardo et de carricante. J'y ai goûté y'a deux ans et c'était vraiment très beau, rond et profond. Alain D. (Deneault?) n’a pas aimé “Bu chez des amis. Nous n'avons pas aimé. Julir a dit ça goûte le vin nature et je découvre aujourd'hui qu'il est nature. beurk. et trop beurré”. Ça a la syntaxe de mon journal intime quand j’avais 9 ans alors on va passer pour la critique.
Des bouteilles plus rares à boire maintenant ou à faire vieillir
Neyrou 2023 de Jean Maupertuis (43,25$)
Rouge. Un de mes producteurs préférés. Ce vigneron était ingénieur informatique et bon buveur de vin à ses heures, il a acheté sa première parcelle en Auvergne (terroirs volcaniques) en 1992. Il faut dire que ce qu'il l'a motivé à changer de carrière, c'est d'avoir rencontré Marcel Lapierre et Pierre Overnoy. Il travaille en biodynamie sur 3,8 hectares. On dit souvent que le pinot noir est un cépage éponge à terroir, qui permet ainsi de le distinguer facilement selon son terroir d’origine. Amusez-vous à déguster ce pinot noir pour comprendre la beauté des terroirs d’Auvergne.
Morgon 2023 de Jean Foillard (38,25$)
Rouge. Foillard, membre de la fameuse bande des 4 dans le Beaujolais nature (Thévenet, Foillard, Breton et Lapierre), fait des vins marquants, surtout sur ses grandes cuvées. Ses morgons viennent du terroir de la Côte de Py, l'un des plus prestigieux de la région. Macération carbonique à basse température pendant 3 à 4 semaines sans ajout de sulfites. Il fait un élevage en cuve pendant 4 à 5 mois par la suite. Quentin L. l'a trouvé acide et piquant, peut-être a-t-il échappé une Miss Vickie's Dill pickle épicée dans son verre !!!!
Ribeauvillé 2023 du Domaine Marcel Deiss (46,25$)
Blanc. Classique alsacien dont je vous parle toujours. Marcel Deiss a fondé le domaine à Bergheim à son retour de la 2e guerre mondiale. C'est aujourd'hui Jean-Michel et Mathieu Deiss qui s'occupent du domaine de 27 hectares en biodynamie qui possède plusieurs parcelles encore aujourd'hui complantées, suivant une vieille tradition alsacienne d'alterner des cépages plutôt que de planter de façon plus monogame. Nouvelle cuvée de chez Deiss. Assemblage de plusieurs lieux-dits sur sols argilocalcaires composé de riesling, sylvaner et pinot blanc.
Des cuvées qui méritent un temps d'attente pour se dévoiler
Reflet d'Antan de Bérêche et Fils (1255,50$/MAGNUM)
Champagne. Si vous ne connaissez pas ce producteur, C'EST QUE VOUS N'AVEZ PAS LU MON LIVRE ! Les frères Bérêche ont repris le domaine familial des mains de leurs parents il y a une quinzaine d'années. S'inspirant de pratiques biodynamiques, ils s'inscrivent plutôt dans la lutte raisonnée, préférant se garder une certaine marge de manœuvre sur des millésimes particulièrement difficiles.Cette cuvée est un assemblage de chardo et de pinot noir de la Montagne de Reims, avec du pinot meunier et du chardonnay de la Vallée de la Marne. On retrouve dans les sols beaucoup de calcaire et de la craie affleurante. Cette cuvée contient 30 % de vins de réserve, c'est à dire à partir de la soléra que le domaine travaille depuis 1985. 36 mois de cave sur lattes, dégorgement décembre 2018.