.
L’INFOLETTRE PUBLIQUE
Prévente en ligne du jeudi 12 mars
Arrivage en succursale prévu autour du lundi 23 mars
Cliquez ici pour avoir la liste des infolettres hebdomadaires déjà partagées.
.
Je tente autant que possible de faciliter l'accès à cette infolettre pour donner envie aux néophytes du vin de s'y intéresser. Cela dit, il m'en coûte maintenant 1000 $ par année pour payer la plateforme d’infolettre que j’utilise. Toute aide est le bienvenue. En échange, vous recevez cette infolettre à minuit le jeudi au moment où les vins deviennent disponibles. Ce n'est pas un abonnement, c'est juste comme donner un pourboire si vous aimez mon travail ! Je ne touche aucun autre revenu avec l'infolettre et celle-ci est libre de publicité.

.
Me voilà de retour après un superbe mois d’apprentissage et de rencontres en France et en Allemagne. J’ai eu la chance de tailler pendant deux semaines chez Wein Goutte afin de me perfectionner dans cette tâche qui est la plus importante et technique de toute la viticulture. J’ai rencontré plusieurs personnes de l’industrie pendant ce mois en Europe et je vous confirme que la crise du vin se ressent sur toute la planète et même probablement plus fortement chez les producteurs européens que québécois, étant donné la forte compétition qu’on y trouve. J’ai vu beaucoup de voisins de parcelles chez Emily et Christoph qui arrachaient de la vigne et enlevaient le palissage, car produire du raisin coûte parfois plus cher que ce que la coopérative du coin offre pour l’acheter. Bref, le monde du vin est en crise, ce qui force beaucoup de producteurs à tenter de revoir leurs modèles pour baisser les prix. Cela dit, pour certains, il y a cette peur de s’engager dans une solution à court terme qui ne fasse que retarder le moment d’une faillite.
À l'apéro
Des vins qui n'ont pas forcément besoin d'un repas

Masieri 2024 de la Biancara (53,25$/MAGNUM!)
Blanc. Maule, c'est toujours dans les grands coups de cœur nature en SAQ année après année, surtout pour le prix. 80 % garganega (si beau cépage) et 20 % trebbiano. Pressurage directe, 6 mois en inox, non filtré, non collé, 30 mg/l total de sulfites, donc....NATURE. Provient de sols volcaniques (donnent de si beaux vins). Selon les années, c'est parfois très grand public, parfois moins.

Bombisch Riesling de Christian Binner (29,70$)
Blanc. Christian Binner est un nom assez connu dans l'univers du vin nature, notamment parce qu’il fait un peu office de parrain à bien des collègues bio et nature en Alsace. Ses vins se retrouvent sur pas mal de cartes de vins d'établissement offrant un choix plus naturel. Il travaille 15 hectares de vignes en biodynamie en Alsace, à Ammerschwihr. Riesling en pressurage direct qui serait un assemblage de millésime avec élevage en fûts de 12 mois. Selon Christian, c’est une bombe de soif !

Swartland Chenin blanc 2023 d'Intellego (32,75$)
Blanc. Jurgen Gouws fait du vin nature depuis près de 15 ans dans le Swartland, en Afrique du Sud. Ce jeune "surfer boy" ne possède pas de vignoble, mais il travaille avec des producteurs qui travaillent en bio, où la plupart arrivent à faire de la viticulture sans irrigation. J'ai acheté sa cuvée The Story of Harry pour le Candide, c'est très bon ! Chenin à 100 % d'un vignoble non irrigué en bio, élevage en barriques de 500 litres sur grosses lies pendant 11 mois, pas de bâtonage.

Bicolor de Schmelzer (25,50$)
Rouge. Ça c'est le vin du gars qui porte un manteau en peau de serpent dans les salons de vin nature et qui a un petit élastique dans son pinch de barbe. Je sais pas ce que j'ai tant de plus à dire, à part que c'est un vigneron de 4e génération, situé à Gols, autour du lac Neusiedl. Il est TRÈS en biodynamie. C'est un assemblage de rouge et de blanc (zweigelt et welchriesling) qui donnent un vin à la frontière entre le rosé foncé et le rouge, donc généralement meilleur si bu autour de 10-12 degrés celcius. C’t’un vin de party !
Effervescence
Des bulles, ça se boit à l'apéro, à table, en fin de soirée ou bien ça se met en cave
À table
Des vins qui s'apprécient davantage autour d'un plat

Morgon Chollet 2024 de Jean-Marc Burgaud (32$)
Rouge. Jean-Marc travaille en lutte raisonnée sur 19 hectares. Je me permets de mettre cette cuvée en vin de table plutôt qu’à l’apéro en raison du style de Burgaud, qui fait des vins assez concentrés et mûrs qui sont délicieux avec des viandes et des légumes rôtis. Cette cuvée de Morgon provient d’un vignoble de 83 ans et les raisins vont 7 à 10 jours de semi-carbonique, mais élevage non précisé malheureusement.

Carignan Vignes centenaires 2022 de la Famille Ribière (26,75$)
Rouge. Au sud-ouest de Perpignan, dans le Roussillon, se trouve le domaine Ferrer-Ribière. Denis Ferrer (viticulteur) et Bruno Ribière (poète et maître de chai) ont démarré le projet en 1993. Depuis 2007, ils sont en bio en plus de s'inspirer de certaines pratiques de la biodynamie. Le domaine compte aujourd'hui 44 hectares de vignes et c'est Mireille Ribière qui est à la tête depuis 2021. Cette cuvée de carignan provient de très vieilles vignes (d'où le nom de la cuvée). La moitié du vin est vinifiée en macération carbonique pendant 10 jours et l'autre moitié est fait en macération égrappée traditionnelle pendant 30 jours. Parfait vin pour la grosse viande du dimanche soir en famille.
De grande occasion
Des bouteilles plus rares à boire maintenant ou à faire vieillir

Arbois En Guille bouton 2024 du Domaine Grand (55$)
Blanc. Nathalie Grand, fille de vignerons d’Arbois, a repris en 2015 le Domaine Grand, domaine historique à Passenans, avec son conjoint Emmanuel. Ils ont alors réduit la surface de culture significativement et ont entrepris la conversion à l’agriculture biologique. Je n’ai pas eu la chance de goûter, mais à lire les notes de La Revue de vin de France, les vins sont assez droits et sérieux. Cette cuvée de savagnin fait entre 14 et 24 mois en vieux fûts, ces fûts ayant connu du vin sous voile, ce qui va donner une légère trame oxydative.

Sancerre Les Chasseignes 2023 du Domaine Fouassier (39,75$)
Blanc. Le domaine familial Fouassier s'étend sur plus de 60 hectares aujourd'hui et ils revendiquent être les pionniers du travail en biodynamie à Sancerre, en plus d'avoir mis de l'avant le travail parcellaire, où ils tentent vraiment de mettre de l'avant la personnalité de leurs différents terroirs. Les Chasseignes, c'est une parcelle de sauvignon (Sancerre, allô!?) plantée sur des sols argilo-calcaires, avec des vignes de 25 à 45 ans. Le vin ne voit que de la cuve inox, donc pas d'empreinte de bois ici. J'aime toujours leurs vins. Leur cuvée un peu plus haut de gamme, Le Vallon 2022, sort également cette semaine, à 49,25$.
À coucher
Des cuvées qui méritent un temps d'attente pour se dévoiler

Saumur Les Arboises 2021 du Domaine Guiberteau (107,25$)
Rouge. Domaine que je connais assez bien, car on a travaillé avec la cuvée Clos de Guichaux sur l'accord. Romain Guiberteau a repris le domaine en 1996 et dès la première année, a entamé la conversion vers l'agriculture biologique. En général, il soufre entre 10 et 20 ppm de So2 lors du foulage sur les rouges et va délicatement laisser le raisin égrappé macérer. Cette cuvée de cabernet franc provient de vignes plantées en 1957. 18 mois d'élevage en barriques dont 80 % neuf.
Vous venez de lire l'édition #63 de Qu'est-ce qu'on boit. Vous pouvez aussi parcourir archives complètes de cette newsletter.