Jefke, la newsletter du 5 janvier
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L’info du jour
Salut !
Aujourd'hui, je voulais qu'on se penche sur une conversation qui prend de plus en plus d'ampleur et qui, il faut le dire, fait froid dans le dos pour certains : la montée du "technofascisme" et la nécessité d'une résistance collective face à la puissance des géants de la tech. C'est un sujet lourd, mais crucial, car il touche directement à la nature politique du numérique et à son impact sur nos démocraties.
Tu sais, le mot de l'année 2025, choisi par les auditeurs de la RTBF et du Soir, n'était pas "IA" ou "deepfake", mais "technofascisme" (source). Ce n'est pas anodin : cela montre que le grand public commence à saisir que le numérique n'est pas neutre, qu'il est profondément politique. Et quand on voit des théories néoréactionnaires comme celles de Curtis Yarvin – qui parle ouvertement de créer un "hard party" appuyé sur une application mobile pour "hacker la démocratie de l'intérieur" – on comprend mieux pourquoi le débat est si vif (source). C'est une vision où la Silicon Valley est mise au service d'idéologies autoritaires, un projet de "réinventer le fascisme".
Heureusement, il existe des contre-exemples et des pistes de résistance. Cory Doctorow, figure de l'Electronic Frontier Foundation, soutient que la guerre commerciale lancée par Trump a involontairement ouvert une brèche. Les pays non-américains sont désormais moins contraints par les accords commerciaux qui les empêchaient de "désenshittifier" internet, c'est-à-dire de créer des outils pour libérer les utilisateurs des pratiques abusives des géants de la tech (source). Il appelle cela "l'internet post-américain".
Et devine quoi ? Le Danemark est en train de tracer cette voie. Dans ce petit pays, 99% des médias se sont unis en un seul bloc de négociation face aux plateformes (source). Résultat ? Google a dû accepter de payer des licences, Apple a fermé Apple News au Danemark et fait maintenant l'objet d'une plainte pour violation du droit d'auteur, et Meta risque des amendes colossales. La clé de leur succès, c'est la "confiance créée en donnant aux concurrents un moyen de coopérer" et une stratégie "boîte à outils" utilisant tous les leviers (copyright, DMA, plaintes pénales). Pour Karen Rønde, qui dirige ce collectif, ce n'est pas seulement une question de survie économique, mais de démocratie (source).
Alors, oui, les risques liés à l'IA et aux plateformes sont immenses, qu'il s'agisse de la prolifération de deepfakes sexuels (comme ceux générés par Grok sur X, faisant l'objet d'une enquête en France) (source) ou de la manipulation de la transparence publicitaire par des acteurs comme Meta (source). Mais des voies existent pour inverser la tendance.
L'enseignement principal : Face à la politisation croissante du numérique et aux risques de dérive, la collaboration et l'action collective, notamment des institutions traditionnelles comme les médias, peuvent constituer une résistance efficace et définir un internet plus démocratique.
L'Actu
De nouveaux gadgets IA qui te veulent du bien (ou pas) Le CES 2026 est en pleine effervescence avec l'annonce de nouveaux appareils intelligents. Xreal a dévoilé ses lunettes de réalité augmentée capables de transformer n'importe quel écran 2D en expérience 3D. Plaud a lancé le NotePin S, un pin's enregistreur qui capture les conversations et en extrait les points clés. Et Subtle a présenté Voicebuds, des écouteurs IA optimisés pour les environnements bruyants. De quoi équiper ta vie (numérique) de A à Z. (Source : Superhuman AI)
Les lunettes "Pickle 1", le "Soul Computer" qui divise La startup Y Combinator Pickle a créé le buzz en lançant les précommandes de ses lunettes AR "Pickle 1", présentées comme le premier "ordinateur d'âme" à 799$. Le concept : des caméras et micros intégrés pour capturer et organiser tes expériences en "bulles de mémoire". Sauf que très vite, la vidéo de démonstration a été pointée du doigt pour son manque de réalisme et l'absence de code visible pour leur projet "open-source", soulevant des doutes sur la viabilité du produit à ce stade. (Source : The Neuron)
OpenAI accapare la RAM mondiale et fait flamber les prix OpenAI a signé des accords préliminaires avec Samsung et SK Hynix pour 900 000 wafers DRAM par mois, soit environ 40% de la production mondiale. Cette demande massive pour alimenter ses data centers (dont le projet Stargate à 500 milliards de dollars) a déjà provoqué une flambée des prix de la mémoire, certains kits DDR5 ayant augmenté de près de 300%. Une situation que certains experts appellent déjà "RAMageddon", avec des répercussions possibles sur les prix des appareils électroniques grand public. (Source : Superhuman AI)
DeepSeek résout un problème majeur de stabilité des Transformers DeepSeek a publié une avancée significative avec mHC (Manifold-Constrained Hyper-Connections), une solution aux problèmes de stabilité qui entravaient l'entraînement des modèles d'IA à grande échelle. Cette innovation permettrait un traitement plus efficace des informations grâce à des "garde-fous mathématiques" pour les flux parallèles, rendant l'entraînement des grands modèles plus stable et performant (jusqu'à 7,2% d'amélioration sur le raisonnement complexe) avec un surcoût d'entraînement minime. (Source : The Neuron)
L'IA reconfigure le marché du travail tech : la fin du "milieu" du développement ? Le monde du développement logiciel est en pleine mutation. Andrej Karpathy, ancien chercheur chez OpenAI, a noté que la contribution du programmeur devient "de plus en plus rare". L'IA est désormais capable de générer du code fonctionnel à partir d'objectifs et de contextes, ce qui fait que le cœur du travail logiciel (la traduction manuelle de l'intention en implémentation) se réduit. Cette évolution force les développeurs à se concentrer sur la compréhension du problème, la collecte de contexte et la gestion des agents IA, plutôt que sur la rédaction de code. Parallèlement, le recrutement de développeurs juniors a chuté de près de 20% depuis fin 2022, une conséquence directe de l'augmentation de la productivité des ingénieurs seniors grâce à l'IA. (Sources : Natesnewsletter, TLDR, The Neuron)
Avis d'Expert
On parle beaucoup des "compétences de demain", mais on ne définit pas toujours clairement ce que ça signifie. La réalité, c'est que l'IA ne va pas simplement rendre tout le monde "technique", mais elle va fusionner les "arbres de compétences" traditionnellement séparés entre équipes techniques et non-techniques. Andrej Karpathy, figure de l'IA, le reconnaît : le métier de programmeur est "dramatiquement refactorisé" et il se sent personnellement "derrière" s'il ne s'adapte pas.
Historiquement, un ingénieur progressait par la révision de code, la conception de systèmes ; un juriste par la rédaction de contrats, la négociation. Ces parcours supposaient une résolution manuelle des problèmes, où les outils n'étaient qu'une aide. Mais cette hypothèse est dépassée. Aujourd'hui, les compétences clés deviennent transversales : spécifier clairement une intention, conserver l'autorité sur des productions que tu n'as pas entièrement créées, construire des workflows qui ne dépendent pas d'héroïsmes individuels, et créer des systèmes qui s'améliorent avec le temps.
Que tu sois avocat à construire un workflow de révision de contrats ou ingénieur à développer un assistant de débogage, tu gravis maintenant le même arbre. C'est une question de définition des rôles et des attentes, pas juste de formation ponctuelle. Les leaders qui ne sauront pas définir cet "arbre de compétences unifié" risquent de voir leurs équipes stagner, préparées pour un monde qui n'existe déjà plus. C'est une décision budgétaire, de recrutement, et de définition de la compétence au plus haut niveau. (Source : Natesnewsletter)
Le Cadeau
- Nebius Token Factory : Fine-tuning gratuit pour les modèles open-source Profite du lancement de "Post-training" par Nebius Token Factory. Tu peux affiner gratuitement des modèles comme DeepSeek V3, GPT-OSS 20B et 120B sur des clusters GPU multi-nœuds, avec une stabilité jusqu'à 131k de contexte. C'est une opportunité unique d'adapter des modèles d'IA de pointe à ton domaine, ton ton et tes workflows. L'offre de fine-tuning gratuit pour GPT-OSS 20B & 120B (Full FT + LoRA FT) est valable jusqu'au 9 janvier. Ne la rate pas ! (Source : The Neuron)
Un dernier pour la route
À New York, des milliers de personnes ont bravé le froid pour un feu d'artifice inexistant au Nouvel An, et ont naturellement blâmé ChatGPT. La vérité ? Des vidéos de TikTok et Instagram datant du 4 juillet étaient les vraies coupables. Comme quoi, nous sommes si prêts à accuser l'IA de désinformation que nous… propageons de la désinformation sur l'IA qui propagerait de la désinformation. L'ironie est parfois plus humaine que l'IA elle-même.
Jefke | Le brief IA pédagogique