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April 12, 2025

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Il y a un sujet qu’on ne croise pas si souvent dans la foule d’articles et de textes se consacrant aux images de ma pĂ©riode (La Renaissance, mais peut-ĂȘtre qu’il faudrait dire la fin du Moyen Âge, en oubliant pas de spĂ©cifier que le moyen-age c’était un Ăąge de tĂ©nĂšbres oĂč les gens mangeaient leur vomi; et n’oubliez pas de l’écrire avec des tirets, sans majuscule, pour bien fĂącher les vrais mĂ©diĂ©vistes qui sont juste jaloux parce que nous on a la perspective), un sujet disait-je, plutĂŽt rare et un peu glissant: les plantes, les fleurs et la verdure en gĂ©nĂ©rale.

Cette pudeur on peut l’expliquer de plein de maniĂšres, dĂ©jĂ  c’est pas facile d’identifier les plantes, j’ai la chance de me faire aider rĂ©guliĂšrement par Jean-Pierre Grienay du Jardin Botanique de Lyon, mais sans ça je ne m’aventurerais pas sur ce terrain glissant. En plus, comme pour tout le reste, les artistes semblent souvent faire leurs tambouilles et Ă  nous de jongler entre le symbolique, le naturalisme quasi scientifique, la signature, le dĂ©coratif ou le nĂ©buleux. Ce n’est pas pour rien que Daniel Arasse conseillait Ă  ses Ă©tudiants de lire l’interprĂ©tation des RĂȘves de Freud. Les Ɠuvres apparaissent comme des rĂȘves cryptĂ©s oĂč un clitoris peut finalement devenir une luge tandis que du maĂŻs en boite viendra incarner la souffrance et les chagrins. MĂȘme si parfois, comme le disait le maĂźtre Freud (quand ça l’arrangeait) un cigare n’est qu’un cigare.

Les plantes donc, j’en ai plein, merci Jean-Pierre, on trouvera sur la musĂ©e,

aconit napel (Aconitum napellus subsp. napellus), ail d’alun, ail des Ours (Allium ursinum), alchemille (Alchemilla), ancolie (Aquilegia vulgaris), anĂ©mone (Anemone L.), arbouse (Arbutus unedo), arum d’italie (Arum italicum), aspĂ©rule odorante (Galium odoratum (L.)), astrantia (Astrantia), aubĂ©pine (CratĂŠgus ), benoite (Geum) bleuet (Cyanus segetum), bouillon blanc (Verbascum thapsus), bourrache (Borago officinalis L.), camomille, campanulle gantelĂ©e (Campanula trachelium), caprier (Capparis spinosa L.), catananche (Catananche caerulea L.), centaurĂ©e (Centaurea), chardon (Carduus), chataĂŻgnier (Castanea), chĂ©lidoine (Chelidonium majus), chĂȘne, chou, chrysanthĂšme des moissons (Glebionis segetum), citron (mais en fait c’est des cĂ©drats Ă  l’époque), citronnier (Citrus), claudinette (Leucojum vernum), clĂ©matite sauvage (Clematis vitalba), coing, Cognassier (Cydonia oblonga), colza (Brassica napus L.), concombre (Cucumis sativus), consoude (Symphytum), coquelicot (Papaver rhoeas)

ça par exemple, et que faire de tout cela alors? Prenons le champ du symbolique (fort bien cultivé).

On peut lire par-ci par-lĂ  un exemple assez convaincant. Autrefois (quand les gens mangeaient leur vomi, lĂ ) les artistes, c’étaient pas vraiment des artistes et tout Ă©tait symbolique dans leurs images, parfois au dĂ©triment de la crĂ©dibilitĂ©. Genre pour bien signifier qu’on parle du maitre des horloges on met une super horloge Ă  cĂŽtĂ© de sa PlĂ©iade avec le papier tout fin. Ou pour dire que la Vierge souffre on va planter une Ă©pĂ©e dedans dans toutes les images. On ne pourra pas nier une certaine efficacitĂ©, voire un potentiel surrĂ©aliste que les fameux surrĂ©alistes n’ont pas manquĂ© de relever, mais Ă  l’époque de Raison et de clartĂ© qui nous occupe (oĂč les gens mangeait des oiseaux) les peintres auraient subtilement remplacĂ© le dĂ©tail bizarre (Ă©pĂ©e plantĂ©e dans le cou de la dame) par un dĂ©tail signifiant, mais plus crĂ©dible aussi (une fleur en forme d’épĂ©e, eh ouais). Ce serait donc la raison de la prĂ©sence des Iris en peinture (et on cherche encore les fleurs en formes de PlĂ©iades pour le prochain portrait prĂ©sidentiel).

C’est une belle idĂ©e, assez convaincante, et il nous reste plus qu’à l’appliquer aux

cresson (Nasturtium officinale), crucifĂšre (Brassicaceae), cyclamen (Cyclamen L.), cyprĂšs (Cupressus), dame d’onze heures (Ornithogalum umbellatum), datte, dattier, digitale (Digitalis), dragonnier, Ă©glantier (Rosa canina), Ă©perviĂšres (Hieracium), Ă©picea (Picea abies (L.), Ă©rable (Acer), Ă©rigeron, fĂ©licie (Felicia amelloides), fenouil (Foeniculum vulgare), fĂ©tus de paille, feuille de chĂȘne, figue, figuier (Ficus carica L.), Fleur de la passion (Passiflora), fleur de sureau (Sambucus), fougĂšre (Asplenium), fragon (Ruscus aculeatus), fraise, fraisier (Fragaria), fruit pourri, fruits, fumeterre (Fumaria), gaillet gratteron (Galium aparine L.), genĂ©vrier (Juniperus), GĂ©ranium Herbe Ă  Robert (Geranium robertianum), giroflĂ©e (Erysimum cheiri)

prĂ©sents sur le site. En attendant, c’est sĂ»r qu’on va trouver parmi les 40 iris indexĂ©s de nombreux associĂ©s Ă  la vierge souffrante, genre dans les adieux du Christ Ă  sa maman ou encore mieux dans les crucifixions. Et lĂ  patatras (si vous me permettez l’expression). DĂ©jĂ  qu’il n’y avait pas de cheval sur le chemin de Damas, voilĂ  maintenant qu’il n’y a pas d’iris dans les crucifixions. Non contente de s’ĂȘtre modifiĂ©, le symbole semble avoir migrĂ© dans les vierge Ă  l’enfant oĂč la fleur est proĂ©minente, un des nombreux signes prĂ©monitoires inquiĂ©tants qui hantent ces images. D’ailleurs je peux mĂȘme regarder sur la page du site consacrĂ©e aux crucifixions (comme c’est bien fait) la plante la plus prĂ©sente sur ce thĂšme: dans mes 43 crucifixions, loin derriĂšre mes quatorze personnes qui regardent le ciel et mes trente-et-un os on trouvera trois misĂ©rables fraisiers, plantains et pĂąquerettes. Et sans ĂȘtre mĂ©chant avec le fraisier, le plantain ou la pĂąquerette, il faut reconnaitre qu’il s’agit de plantes omniprĂ©sentes en peinture, on en a croisĂ© tellement que Jean-Pierre refuse quasiment de les identifier Ă  ce stade.Tous les artistes devaient en avoir des modĂšles dans leurs cahiers de dessin, c’est aussi attendu que le mot “cyclopĂ©en” dans un texte de Lovecraft. Jugez plutĂŽt j’ai 56 fraisiers, 55 plantains, 44 pĂąquerettes; pas loin de mes 49 violettes et approchant mes 34 pissenlits. Alors qu’il y en a des biens plus rares par exemple savez-vous dans quelle peinture on croisera:

giroselle (Primula meadia), glaĂŻeuls (Gladiolus), grenadier (Punica granatum), groseille, hĂȘtre (Fagus sylvatica), hysope (Hyssopus officinalis), indigo (Indigofera tinctoria), jasmin (Jasminum polyanthum), jusquiame noire (Hyoscyamus niger), laiteron (Sonchus), laurier, Leontopodium, lierre, liseron (Convolvulaceae), lotier (Lotus corniculatus L.), luzule (Luzula), lychnide (Lychnis), lys (Lilium), lys bleu, lys rouge, marguerite (Leucanthemum vulgare), marronier (Aesculus hippocastanum), mauve (Malva sylvestris), mĂ©lĂšze (Larix), melon, molĂšne (Verbascum), morelle noire (Solanum nigrum), moutarde (Mutarda arvensis), mouron rouge (Lysimachia arvensis), muguet (Convallaria majalis), mure, myosotis (Myosotis sylvatica), myrte (Myrtaceae), narcisse (Narcissus), navet, nĂ©flier (Mespilus germanica L.)

Hein ?

Alors peut-ĂȘtre qu’une piste serait de penser Ă  rebours. De se demander dans quel cas les artistes ne mettaient justement pas de fraisier. RĂ©flĂ©chir un peu Ă  l’envers. Il semble que l’idĂ©e de la crucifixion sur une terre rocailleuse, assĂ©chĂ©e, surnage. Parfois aussi l’histoire se conjugue au singulier. Les artistes tentent des trucs, proposent des associations qui seront reprises, ou pas, par leurs collĂšgues. Ainsi cette hypothĂšse fine qui voudrait que la molĂšne chez Altdorfer vienne prendre la place d’une coquetterie iconologique rare: le Jean-Baptiste Ă  la lanterne. Cette image du prĂ©curseur viendrait d’un passage de l’Évangile de Jean "Jean [Baptiste] Ă©tait la lampe qui brĂ»le et qui luit". La formule "Lucerna mundi" se retrouve mĂȘme dans l'agneau Mystique. Le motif existe de façon marginale, mais amĂšne Eric Marshall White Ă  penser que la prĂ©sence imposante de molĂšnes (Verbasum Thapsus) dans la dĂ©collation de Jean-Baptiste gravĂ©e par Altdorfer comme dans son Ă©tonnant Jean-Baptiste et Jean Ă  Patmos (on les voit rarement copains, ces deux-lĂ ) serait de ce fait. Il explique que si la molĂšne bĂ©nĂ©ficie d’un beau curriculum vitae dans le soin (elle soignerait la goutte, Pline l’Ancien la recommande pour les piqĂ»res de scorpion, Hildegarde de Bingen pour les maladies respiratoires et elle fut mĂȘme rapprochĂ©e du Moly, cette plante qui permit Ă  Ulysse de dĂ©faire le sortilĂšge de CircĂ©, autant de faits qui pourraient coller avec Jean-Baptiste qui soigne et protĂšge, notamment contre la laryngite et le mal de gorge) on sait surtout que le 24 juin, la fĂȘte Ă  JB, on brĂ»lait de la molĂšne pour chasser les mauvais esprits (mince, c’est en mĂȘme temps que la fĂȘte paĂŻenne de Midsommar). Parce que la molĂšne, ça fait de super mĂšches Ă  flambeaux, mĂȘme Pline l’Ancien le dit. Encore une fois, si on adhĂšre Ă  cette hypothĂšse, on ne trouvera pas forcĂ©ment d’autres molĂšnes accolĂ©es Ă  Jean-Baptiste dans ma collection (je n’en ai qu’une quinzaine, dĂ©solĂ© ma bonne dame). L’idĂ©e d’Altdorfer n’a apparemment pas pris, mais on peut quand mĂȘme regarder les molĂšnes d’un autre Ɠil sachant ça.

Pire, certains artistes utilisent les plantes comme de simples signatures ou clins d’Ɠil envers leurs prĂ©dĂ©cesseurs, sur ce sujet le bien nommĂ© “MaĂźtre Ă  l’Ɠillet” (c’est un collectif) est exemplaire et on pourra lire avec intĂ©rĂȘt l’article d’Artifex In Opere sur le chardon chez DĂŒrer.

Enfin, surtout, nos diables d’artistes sortent dehors, observent le monde et parfois les plantes. J’en veux pour exemple le Saint-François de Bellini qui a passionnĂ© Jean-Pierre (et puisqu’on distribue les bon points Hugo van Der Goes est trĂšs bon en la matiĂšre aussi et les peintres qui inventent des plantes: on vous a grillĂ©s, Ă  moins que parmi les fantĂŽmes qui hantent les toiles se trouvent aussi des espĂšces disparues ?!). DĂ©jĂ , comme chez Van Eyck, ce sont des Ɠuvres oĂč Jean-Pierre devine en un coup d’Ɠil oĂč on se trouve (en Italie). Il se dĂ©lecte de repĂ©rer le laurier qui a fait des pousses partout dans l’image, des figuiers qui Ă©mergent ou le dĂ©tail qui tue: la barriĂšre en saule qui, au contacte de la terre, refleurit et Ă©voque une forme de renaissance (l’action de ressurecter, pas les artistes qui inventent la perspective monofocale centralisĂ©e). C’est aussi l’occasion de voir l’Ɠil de Bellini qui parfois en quelques coups de pinceau trace sur la toile ce que Jean-Pierre identifie en un clin d’Ɠil comme une FĂ©licie qui pousse prĂšs des sandales du saint. Van Eyck a la mĂȘme puissance, ce que je vois comme quelques coups de pinceaux difficilement identifiables, Jean-Pierre y voit sans douter une plante prĂ©cise. Et il y en a des fleurs qui se baladent, parfois en peu d’exemplaires dans les toiles: nĂ©nuphar, noix, Ɠillet (Dianthus), oignon olivier (Olea europaea L), orange, oranger (Citrus sinensis (L.), orge, orme (Ulmus), ornithogale (Ornithogalum), ortie (Urtica), osier, paille, palme, palmier (Arecaceae), Panicaut maritime (Eryngium maritimum), pĂąquerette (Bellis perennis), pastĂšque, paturin (Poa trivialis), pĂȘche, PensĂ©e (Viola tricolor), persil (Petroselinum crispum), pervenche (Vinca L.), pĂ©tale de rose, peuplier (Populus), pimprenelle (Sanguisorba), pin, pissenlit (Taraxacum), pivoine (Paeonia), plantain (Plantago), plante fantastique, plante grimpante, poire, pomme, pommier (Malus), primeviĂšre (Primula), prune, pulmonaire (Boraginaceae), racine, radis, raisin, rameau, rameau d’olivier, renoncule (Ranunculus bulbosus), renouĂ©e persicaire (Persicaria maculosa), renouĂ©e bistorte (Bistorta officinalis), romarin (Salvia rosmarinus), ronce (Rubus fruticosus), rose (Rosaceae)

Autant de pistes Ă  aller explorer de votre cĂŽtĂ©, d’hypothĂšses Ă  faire Ă©merger, de jardin clos Ă  dĂ©tailler. De mon cĂŽtĂ© je navigue souvent avec le livre de Josy Marty-Dufaut, Merveilleuses plantes mĂ©diĂ©vales, il Ă©claire assez bien les fantasmes et la pharmacopĂ©e qui accompagnent les plantes dans les textes. On y a apprend entre autres choses que si la pivoine Ă©tait dĂ©jĂ  prĂ©sente en Europe (mais pas la lactiflora que Marco Polo dĂ©crira de ses voyages et qui dĂ©barque en Europe en 1548), chez ThĂ©ophraste on peut lire que "Cette plante doit-ĂȘtre arrachĂ©e la nuit, si de jour on est vu par un pic-vert en train de cueillir le fruit, on risque de perdre les yeux et si on coupe la racine, on risque la procidence de l'anus" (je laisse au plus curieux la joie de dĂ©couvrir le sens du mot procidence). Ou que d’aprĂšs Albert le Grand, la verveine peut prĂ©dire la mort d’une personne malade, sĂ©duire l'ĂȘtre aimĂ© (#consentement), crĂ©er l'illusion d'une piĂšce remplie de serpents ou mĂȘme, si on la mĂ©lange Ă  du vin qu’on asperge dans une piĂšce, assurer un repas joyeux pour tous les convives (prenez garde Ă  ne pas mĂ©langer les deux derniĂšres options cependant).

Et c’est vrai que souvent, l’angle du soin semble assez fĂ©cond du cĂŽtĂ© des plantes. Je ne m’étalerai pas sur le splendide Antoine malmenĂ© par les dĂ©mons de GrĂŒnewald qui dĂ©ploie au sol une pharmacopĂ©e intĂ©grale (14 plantes mĂ©dicinales) pour lutter contre le feu de saint Antoine (ou Ergotisme, causĂ© par des champignons dans le seigle pouvant mener Ă  des trips proches du LSD, + sensation d’intense brĂ»lure, hein, attention les petits chimistes). Est-ce ainsi qu’il faut lire la Mauve (Malva), anti-inflammatoire, prĂ©sente dans le premier volet de la Justice d’Othon ? Dans le second volet, la femme d’un homme exĂ©cutĂ© Ă  tort tient Ă  pleine main un tison ardent pour prouver son innocence. Ou cette palanquĂ©e de fleur toxique (muguet, ancolie, coquelicot et peut-ĂȘtre un bouton d'or) au pied du diable en jaune de Michael Pacher ?

Il y a encore bien des hypothĂšses sur nos plantes. Sur La place que tiendrait leurs couleurs, au nombre de fleurs ou de pĂ©tales ou sur La thĂ©orie des signatures, similia similibus curantur « les semblables soignent les semblables » nous disait Paracelse: les formes des plantes tĂ©moigneraient de leurs effets (la pulmonaire aux feuilles en forme de poumon les soignerait) qui pourrait expliquer certaines associations (les chardons rappelant la couronne d’épines au hasard, ou les trĂšfles associĂ©s Ă  la trinitĂ© oĂč mĂȘme les ancolies en forme de serres d’aigles proche de saint Jean). Les jeux de mots peuvent ĂȘtre liĂ©s Ă  des noms vernaculaires: le liseron c’est aussi la manchette de la Vierge, le pisse-en-lit est diurĂ©tique sans oublier le capuchon de moine (Arisarum vulgare) et tiens si on mettait des vĂ©roniques Ă  cĂŽtĂ© de VĂ©ronique ? (Sur ce dernier cas on notera que dans la VĂ©ronique pourtant fleurie de Robert Campin, il n’y a pas de VĂ©ronique :^/).

Si un jour j’avance sur la possibilitĂ© de recherche avancĂ©e, on pourra aussi observer si certaines plantes, en peinture, ont des origines gĂ©ographiques rĂ©currentes, si on peint plus de renouĂ©e bistorte au nord ou au sud. On pourra aussi identifier les peintres qui monopolisent une plante Ă  l’image des cyclamen quasiment tous peints par Bernardino Luini.

On pourra aussi en savoir plus sur la présence de rose, rose trémiÚre (Alcea rosea), roseaux (poacées), rosier, ruine de rome (Cymbalaria muralis), sapin, sauge (Salvia), saule (Salix), Saxifrage (Saxifraga), scalieuse (Scabiosa), Sceau-de-Salomon (Polygonatum), scrapulaire (Scutelleria), séneçon (Senecio vulgaris), Silene (Silene), souche, souci (Calendula officinalis), thym (Thymus), trÚfle (Trifolium), tronc, véronique (Veronica persica), verveine (Verbenaceae), vigne (Vitis), violette (Viola).

Cette liste (big Up Rabelais), elle vient d’un projet de classement de toutes mes 1840 Ă©tiquettes en catĂ©gories (Nature, Faune, Attitude, etc.). Je travaille Ă  transformer ça en affiche avec l’ami Benjamin Dumond et je peux dĂ©jĂ  jouer Ă  imprimer cette liste avec ma machine Ă  ticket de caisse. Peut-ĂȘtre que bientĂŽt cette affiche qui permet de mieux dĂ©couvrir l’étendue des dĂ©tails de la musĂ©e, je la vendrai pour financer cette fameuse recherche avancĂ©e que j’évoque plus haut. A suivre.

A suivre aussi les rĂ©sultats d’un belle invitation, celle du DSAA de la MartiniĂšre oĂč David Villepoix m’a reçu pour cinq jours d’atelier autour de la musĂ©e. On a travaillĂ© avec nos vingt et un Ă©tudiants sur un curieux livre, un faux Rabelais de 1565 (Rabelais Ă©tant mort en 1553): les 120 monstres de Les Songes drolatiques de Pantagruel, je vous en parlerai peut-ĂȘtre dans la prochaine infolettre. Cela a donnĂ© plein de belles choses, et bien renseignĂ©es avec ça puisque Pierre-Olivier Dittmar m’a fait le plaisir de passer Ă©clairer la lanterne tous ces designers sur les tenants et les aboutissants des monstres de la Renaissance (qui n’existe pas [La Renaissance, pas les monstres]).

Pour en revenir Ă  notre iris au dĂ©part (souvenez-vous!), l’idĂ©e de la plante comme message et mĂȘme notre fameuse thĂ©orie des signatures, elle porte aussi ses fruits en littĂ©rature. Ainsi Aragon dans les yeux d’Elsa nous parle de la Vierge et tisse tous ces signifiants en y ajoutant le sien:

MÚre des Sept douleurs Î lumiÚre mouillée

Sept glaives ont percé le prisme des couleurs

Le jour est plus poignant qui point entre les pleurs

L'iris trouĂ© de noir plus bleu d'ĂȘtre endeuillĂ©

Alors si vous avez des pistes, des intuitions sur les plantes, n’hĂ©sitez pas Ă  vous plonger dans toutes mes listes ou Ă  en faire ce que vous voulez.

Enfin un grand merci Ă  Jean-Pierre Grienay, qui continue de m’accompagner avec mes tas d’images dans la dĂ©couverte de ces plantes que je connais mieux en peinture qu’en vrai, mais qu’il m’a aussi appris Ă  observer. Regarder la base, compter les pĂ©tales, observer le territoire; autant de rĂ©flexes bienvenus qui me rappellent cette invitation, je crois qu’elle est de Jean-Baptiste Morizot (pas celui Ă  la molĂšne; lumineux nĂ©anmoins): quand vous voyez un ĂȘtre vivant, essayez de vous poser dix questions dessus. Pas nĂ©cessairement d’y rĂ©pondre, simplement de commencer Ă  l’interroger.

Profitons donc du printemps et des saxifrages bien entourĂ©s, je vous dis Ă  bientĂŽt pour la prochaine infolettre, on y parlera certainement d’un objet interespĂšce qui me fascine et que j’aurai aimĂ© partager avec Nicolas Nova.

Je profiterai aussi désormais de cette newsletter, à la demande de Pierre-Olivier Dittmar, pour relayer les nouvelles livraisons sur le riche Artifex In Opere. Pour les plus férus ce mois-ci, ça parle donc de dalles perméables.

Merci de m’avoir lu jusqu’au bout, merci Ă  Fabienne Gallaire et Sylvie Granotier pour la rececture et pardon les mĂ©diĂ©vistes je suis juste jaloux vous savez, Ă  bientĂŽt,

:^*

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