Un SaaS pour se faire payer sur les chantiers
Sécuriser les paiements des sous-traitants au Québec
Déclencheur
Les nouvelles du jour tournent autour de deux tensions très concrètes pour les PME québécoises : d'un côté, la FCEI demande que le budget 2026-2027 place les PME au cœur des priorités; de l'autre, on reparle encore d'efficacité numérique et de la volonté d'éviter les fiascos informatiques publics. Pendant ce temps, sur les chantiers, des centaines de petites entreprises vivent un problème beaucoup plus terre à terre : être payées à temps et conserver leurs recours.
Le problème vécu par le client
Pour un sous-traitant en construction — électricien, plombier, entrepreneur en excavation, structure d'acier, gypse, ventilation — le vrai stress n'est pas seulement de finir le travail, c'est de ne pas rater une échéance administrative qui protège son cashflow.
Aujourd'hui, ces PME gèrent souvent ça avec : - des fichiers Excel par projet; - des courriels éparpillés entre l'estimateur, le chargé de projet et l'adjointe; - des modèles Word mal versionnés; - des preuves de livraison en PDF ou captures d'écran; - des rappels dans Outlook ou, pire, dans la tête de quelqu'un.
Résultat : - dénonciation envoyée trop tard ou oubliée; - quittance introuvable au moment de facturer; - retenue mal suivie; - preuve de transmission difficile à démontrer; - argent immobilisé pendant des semaines ou des mois.
Le client ne veut pas un gros ERP. Il veut un outil simple, local, ultra ciblé, qui l'aide à ne pas perdre d'argent pour des raisons administratives.
La solution logicielle
Un SaaS web québécois pour sous-traitants de construction qui centralise, par projet : - les échéances de retenues; - les dénonciations de contrat; - les quittances; - les preuves de livraison et d'envoi; - les rappels automatiques avant les dates critiques.
L'angle n'est pas la comptabilité générale ni la gestion de chantier complète. C'est un produit spécialisé : sécuriser les recours et accélérer les encaissements.
Périmètre du MVP
À livrer en premier
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Dossier par projet
Client, donneur d'ouvrage, entrepreneur général, adresse du chantier, dates clés, contacts, pièces jointes. -
Calendrier d'échéances
Création automatique de rappels selon le type de dossier : dénonciation, fin de travaux, suivi de retenue, demande de quittance, relance de paiement. -
Générateur de documents simples
Modèles québécois préremplis pour dénonciation, quittance conditionnelle, quittance finale, lettre de relance. -
Preuve horodatée de transmission
Journal des envois, dépôt de PDF, capture des confirmations courriel, numéro de suivi manuel ou automatique. -
Tableau de suivi des montants à recevoir
Factures liées au projet, retenues attendues, statut des documents, prochaines actions.
À couper sans hésiter
- intégration comptable complète avec Acomba/QuickBooks;
- application mobile native;
- signature électronique avancée;
- portail pour les entrepreneurs généraux;
- OCR complexe de contrats;
- moteur juridique expert ou avis légal automatisé.
Le MVP doit rester un assistant administratif spécialisé, pas un logiciel de construction tout-en-un.
Pile technique suggérée
- Frontend / backend : Next.js + TypeScript
- Base de données : PostgreSQL via Supabase
- Auth : Supabase Auth
- Stockage fichiers : Supabase Storage ou Cloudflare R2
- Courriels/rappels : Resend + cron serverless
- PDF : génération HTML vers PDF avec Puppeteer
- Hébergement : Vercel
- Analytics légers : Plausible
Estimation de développement
- Semaine 1 : maquettes, modèle de données, auth, structure multi-dossiers
- Semaine 2 : création de projets, contacts, échéances, rappels
- Semaine 3 : générateur de documents et stockage des pièces
- Semaine 4 : journal de preuve d'envoi, tableau de suivi, finition UX
- Semaine 5 : tests avec 2 à 3 sous-traitants pilotes, ajustements
- Semaine 6 : mise en production et onboarding
Total réaliste : 4 à 6 semaines pour un MVP vendable.
Coûts d'infrastructure au départ
- Vercel : 20 $ CA/mois max
- Supabase : 35 $ CA/mois max
- Resend / courriels : 10 à 20 $ CA/mois
- Domaine + divers : 5 à 10 $ CA/mois
Total : sous 100 $ CA/mois au démarrage.
Modèle de prix
Trois options simples : - 79 $ CA / mois pour 1 à 3 utilisateurs et 25 projets actifs - 149 $ CA / mois pour jusqu'à 10 utilisateurs et projets illimités - 29 $ CA / dossier fermé pour les clients occasionnels qui refusent l'abonnement
Tu peux aussi offrir un forfait d'implantation à 250 $ CA : import des projets en cours + personnalisation des modèles de documents.
Les 10 premiers clients à viser
Cible des sous-traitants de 10 à 75 employés, assez gros pour souffrir du problème, assez petits pour ne pas avoir un ERP adapté.
- Entrepreneur en électricité commercial à Québec
- Plombier/chauffage en Montérégie
- Sous-traitant en ventilation à Laval
- Entreprise d'excavation en Mauricie
- Poseur d'acier d'armature à Montréal
- Entrepreneur en gypse/système intérieur à Sherbrooke
- Couvreur commercial au Centre-du-Québec
- Sous-traitant en structure d'acier à Lévis
- Entrepreneur en pavage/égouts municipal en Outaouais
- Menuiserie commerciale à Trois-Rivières
Comment les rejoindre sans pub
- Appeler directement les entreprises qui affichent des postes d'adjointe administrative, chargée de projet ou commis comptable : signal clair qu'elles vivent ce chaos.
- Contacter les membres des associations régionales de la construction et des regroupements d'entrepreneurs.
- Publier sur LinkedIn avec des exemples ultra concrets : "oubli de dénonciation", "retenue jamais réclamée", "preuve d'envoi introuvable".
- Approcher des cabinet comptables spécialisés construction qui peuvent référer l'outil.
- Faire des démos courtes à des avocats en construction ou consultants en réclamation comme canal de recommandation.
- Prospecter les entreprises qui soumissionnent sur des appels d'offres municipaux et institutionnels, où la paperasse est plus lourde.
Le bon pitch n'est pas "gérer vos chantiers". C'est : "vous aide à ne pas perdre vos recours et à accélérer vos paiements".
Principal risque
Le plus gros risque est juridique et de positionnement : si le produit semble donner un avis légal, tu t'exposes à des attentes dangereuses.
Il faut donc cadrer clairement le SaaS comme : - un outil de suivi administratif; - avec des modèles configurables; - et une validation par l'utilisateur ou son conseiller.
Autre risque : certains clients croiront qu'Excel suffit. Pour battre cette objection, il faut démontrer le coût d'un seul oubli : une retenue bloquée ou un document manquant paie plusieurs années d'abonnement.
Appel à l'action
Si tu veux lancer un produit B2B québécois simple à vendre, celui-ci coche presque toutes les cases : douleur forte, budget clair, clientèle locale, MVP court, faible coût d'infrastructure.
Prochaine étape concrète : parle cette semaine à 5 adjointes administratives et 5 chargés de projet en sous-traitance, puis construis une démo cliquable autour d'un seul flux : ouvrir un projet → générer une dénonciation → planifier les rappels → déposer la preuve d'envoi.
Si 3 personnes te disent "on utiliserait ça demain", tu as probablement ton prochain micro-SaaS rentable.