Un SaaS anti-vol d’eau pour municipalités
BorneFlow : permis numériques pour bornes-fontaines
Déclencheur
L’article du Journal de Montréal sur les « voleurs d’eau » montre un problème très concret : des villes québécoises doivent mieux contrôler qui remplit des camions-citernes, à quelle borne-fontaine, à quel moment, et pour quel usage. Quand l’eau devient un actif sensible, le simple cadenas, l’autorisation verbale et le permis PDF ne suffisent plus.
Le problème chez le client
Pour une municipalité ou une MRC, la gestion des remplissages temporaires est souvent bricolée : demandes par téléphone, autorisations par courriel, permis papier, suivi dans Excel, vérification terrain au hasard, puis facturation manuelle en fin de mois.
Résultat : - difficile de savoir qui a pris de l’eau, où et quand; - presque impossible de prouver un usage non autorisé; - perte de temps pour les travaux publics et l’administration; - revenus mal facturés ou non facturés; - stress politique dès qu’un citoyen ou un entrepreneur conteste.
Aujourd’hui, le substitut, c’est un mélange de papier, téléphone, Excel et mémoire des employés.
La solution logicielle
BorneFlow est un SaaS web avec interface mobile pour émettre des permis temporaires de remplissage, valider chaque usage sur le terrain et produire un journal exploitable pour le contrôle et la facturation.
Concrètement : - la municipalité crée un permis pour un entrepreneur, un camion ou un usage précis; - chaque borne-fontaine autorisée a un QR code affiché; - le chauffeur scanne le QR code avec son téléphone, prend une photo du camion/plaque/compteur et enregistre l’événement; - la ville voit les remplissages dans un tableau de bord et reçoit des alertes simples en cas d’usage anormal.
Pas besoin de capteurs IoT au départ. On vend d’abord un outil de preuve, contrôle administratif et traçabilité.
Périmètre du MVP
À livrer en premier :
-
Émission de permis temporaires
- entreprise, chauffeur, plaque, type d’usage, dates de validité, points autorisés, volume maximal déclaré.
-
Validation par QR code sur mobile
- scan du point de remplissage, horodatage, géolocalisation, photo obligatoire, commentaire facultatif.
-
Journal central des remplissages
- vue par permis, entreprise, borne, date et statut.
-
Alertes d’anomalie simples
- permis expiré, scan hors zone, hors heures permises, dépassement du nombre de remplissages autorisés.
-
Rapport mensuel exportable
- PDF/CSV pour facturation, audit interne et suivi au conseil municipal.
Ce qu’il faut couper sans pitié
- aucune intégration avec des débitmètres ou capteurs physiques au MVP;
- aucune app native iOS/Android;
- aucun portail citoyen;
- aucune intégration comptable avancée;
- aucune carte temps réel sophistiquée de flotte.
Le premier produit doit juste régler : autoriser, prouver, retrouver, facturer.
Pile technique suggérée
- Frontend : Next.js + Tailwind
- Mobile : PWA responsive avec accès caméra et géolocalisation
- Backend / DB : Supabase (Postgres, Auth, Storage)
- Cartographie légère : Leaflet + OpenStreetMap
- PDF / exports : génération serveur simple
- Notifications : courriel via Resend ou Postmark
- Hébergement : Vercel + Supabase
Estimation de développement
- Semaine 1 : modèles de données, auth, gestion des permis
- Semaine 2 : interface admin et génération de QR codes
- Semaine 3 : flux mobile scan + photo + géoloc
- Semaine 4 : journal, filtres, exports PDF/CSV
- Semaine 5 : alertes, finition UX, tests terrain
- Semaine 6 : déploiement pilote et correctifs
Total réaliste : 5 à 6 semaines pour un MVP propre.
Infra de départ : 40 à 80 $ CA / mois tant que tu as peu de municipalités clientes.
Modèle de prix
Je vendrais ça comme un produit municipal simple à approuver :
- 299 $ CA / mois / municipalité
inclut jusqu’à 5 points de remplissage, 10 utilisateurs internes et 150 validations par mois - 59 $ CA / mois par point de remplissage additionnel
- 900 $ CA de mise en route
(configuration, QR codes imprimables, gabarit de permis, formation de 90 minutes)
Pourquoi ce prix tient : un seul usage non autorisé évité ou quelques heures administratives économisées peuvent le justifier rapidement.
Les 10 premiers clients à viser — et comment les rejoindre
Vise des municipalités où il y a : travaux publics actifs, entrepreneurs locaux, remplissage de citernes, chantiers, piscines, lavage de rues ou secteurs ruraux.
-
Petites villes de 5 000 à 15 000 habitants
Rejoindre le directeur des travaux publics par téléphone direct et courriel avec une démo de 5 minutes. -
Municipalités périurbaines avec forte saison de piscines
Angle : réduire les permissions verbales et mieux suivre les remplissages estivaux. -
MRC qui mutualisent certains services techniques
Angle : un seul outil pour plusieurs municipalités membres. -
Municipalités rurales avec nombreux camions-citernes privés
Angle : journal de preuve sans installer de matériel coûteux. -
Villes qui facturent déjà certains prélèvements d’eau
Angle : transformer un processus manuel en facturation mensuelle exportable. -
Régies intermunicipales d’aqueduc ou de sécurité incendie
Angle : standardiser les permissions entre plusieurs territoires. -
Municipalités ayant connu des plaintes citoyennes sur l’eau
Angle : traçabilité et capacité de réponse rapide. -
Services de travaux publics débordés l’été
Angle : moins d’appels et moins de validation improvisée par les employés terrain. -
Municipalités qui utilisent encore des formulaires papier/PDF
Angle : remplacement immédiat sans projet TI complexe. -
Municipalités membres d’associations municipales régionales
Angle : proposer un pilote à tarif fondateur à 2 ou 3 villes voisines.
Canal d’acquisition sans pub
- appels sortants ciblés aux directions des travaux publics;
- messages LinkedIn aux DG municipaux et greffiers;
- démonstration envoyée par courriel avec faux permis et faux rapport mensuel;
- présence dans les événements de l’ADMQ, de la COMAQ et des unions municipales locales;
- bouche-à-oreille entre fournisseurs municipaux et firmes d’ingénierie locales.
Principal risque
Le plus gros risque n’est pas technique : c’est le cycle de vente municipal. Même un petit achat peut prendre du temps, et certaines villes préféreront continuer avec leur méthode artisanale tant qu’il n’y a pas eu incident visible.
La parade : - vendre un pilote très simple; - éviter toute intégration lourde; - parler en langage de contrôle administratif et réduction de plaintes, pas en langage startup; - cibler d’abord les municipalités petites et moyennes, plus rapides à décider.
Appel à l’action
Si tu veux un produit B2G réaliste pour un solo dev québécois, celui-ci a le bon profil : besoin immédiat, preuve de valeur facile, MVP étroit et faible coût d’infrastructure.
Cette semaine, je ferais exactement ça : 1. maquette un permis temporaire + un écran de scan QR; 2. prépare un faux rapport mensuel PDF; 3. appelle 10 directeurs des travaux publics pour valider le workflow actuel; 4. propose 2 pilotes payants avant même d’écrire tout le produit.
Si deux municipalités te disent « oui, montre-moi ça avant l’été », tu as probablement un vrai micro-SaaS rentable.