La matière du jeu de rôle
De l'ivoire, des vieilles pierres et de la romance !
Cher Côme,
Je t’écris depuis mes travaux ce qui est un peu acrobatique et explique aussi l’absence de missives de ma part ces dernières semaines. Désolée pour ça :/

J’avais beaucoup aimé ta dernière lettre. et avant toute chose, je dois dire que je suis très jalouse de l’IMEC, c’est trop stylé comme endroit !! Ce petit coté moyen-ageux, ça a vraiment de la geule ! Je tente d’ailleurs depuis quelque temps de me constituer un repertoire de bibliothèque sympa à Paris, si vous avez des recommandation, ça m’interesse !
Comme tu l’évoque , je pense qu’il y a vraiment un sujet à traiter sur la conservation des archives, que soit celles de travail ou les archives édités, dans notre cas celle des jeux.
J’ai lu il y a quelques semaines les pages wikipedia du fond patrimonial du jeu de société et de la collection de Bruce Withehill. Je trouve à la fois ça fascinant que des collections d’une telle empleur puisse exister (celle de Withehill) contenait environ 5000 jeux différent) mais ça n’est absolument pas des objets dont la collection m’interesse.

Je pense que tout ceci est pas mal lié à l’objet jeu de société en temps que tel. J’ai l’impression que jusqu’à récemment ils ont été produit comme un gadget ou un objet à destination des enfants fais avec peu de soin (tant sur la forme que le fon) 1 Et de ce fait, il y a beaucoup de jeu ancien avec lesquels j’ai du mal à connecter
Exception faite de certaines édition de jeu traditionnel évidemment

Après je dois avouer qu’en regardant de plus près la collection de Withehill, je suis tombée sur ce très intriguant jeu de chat qui a l’air assez dingue (on en reparlera ;)) :

Mais tout ça, toute cette volonté de collection, de dénombrement me fait penser à cette conversation que nous avons eue sur la variabilité des textes et particulièrement sur ce corpus de textes médievaux qui est une sorte de variation infini autour de même thème et qui offre la réécriture inombrable des mêmes histoires.2
En effet, tu évoquais dans ta précedente lettre cet axiome que porte souvent le jdr : “Un seul jeu = des heures et des heures de fun” 3
Et pourtant comme tu en parlais : “bien sûr c’est pas vrai : l’éditeur a besoin de vendre des suppléments et des nouvelles éditions d’un jeu pour remplir ses caisses, et notre esprit (le mien en tout cas) a été ainsi modelé qu’il a besoin de nouveaux trucs une fois passée son obsession du moment.”
Et bien il m’est venu à l’idée que souvent dans le jdr tradi, ce qu’on trouve c’est en réalité une réécriture quasi infini des mêmes thèmes, des mêmes idées, des mêmes mécaniques… Du même jeu quoi ! Au sein d’une même gamme bien sur, ça parait logique mais le même phénomène apparait de jeu à jeu.
En effet, quelle différence faites vous entre un pathfinder et un D&D (l’un descendant de l’autre d’ailleurs). De mon coté, j’ai l’impression de n’y voir que la réécriture (évidemment mouvante) d’un même jeu racine.
Ainsi, Pathfinder, D&D, Chroniques oubliées, Dragon et j’en passe pourrait former une sorte de matière de Dungeon et Dragon à l’instar de la matière de bretagne…


Alors bien sur, on peut ergoter que oui dans Pathfinder, il y a telle règle qui est intéressante et qu’à contrario, D&D est plus ceci… Mais sur les réécriture médievale aussi des gens ergottent rassurez-vous, il parait même que certains ont consacré des émissions entières sur le sujet…
Bref, je trouve assez drôle que malgré un support fixe, celui du livre imprimé produit en masse, On en revienne quand même à une sorte de variation dans les versions…
Une variabilité et une consanguinité qui m’a l’air parfaitement assumé quand des éditeurs sortent des suplément. Iels ne les destinent alors pas à Pathfinder ou à D&D mais “au jeu de rôle le plus celèbre” ou iels indiquent juste “compatible 5e” Pour des questions de droit si j’ai bien compris.


J’ai plein de problème avec la dark romance. Ce dont ça parle comment ça en parle, l’influence que ça peut avoir… Un nombre non négligeable de ces problèmes vient sans doute du fait que je ne suis pas la cible de ses livres. Mais si il faut reconnaitre un truc à la Dark romance c’est que dans un univers de livre français ou la norme est la couverture blanche, la dark romance a au moins le mérite de proposer des formes de livres intéressantes.

Et notamment des livres avec de la peinture sur tranche. Alors est ce que c’est la dark romance qui remet cet art vieux du XIIème siècle sur le devant de la scène ou est ce qu’il y a un mouvement plus global ? Je ne sais pas, mais je trouve pour ma part ça très joli !

Sur ce, je vous salut tout plein et comme l’a surement dis Bianca Cappello de Médicis : “Ah dans un mois !”
Milouch
Bon alors maintenant on en est à un stade où les jeux deviennent surproduit et où le moindre Kickstarter a de fait un coup d'entrée énorme ↩
Réécriture assez logique étant donné que chaque exemplaire d’un même texte était du à un travail d’écriture. ↩
Et vraiment, s’arracher les yeux sur la création de personnage de shadowrun c’est des heures de fun, on est bien d’accord la dessus… ↩