Exigences ?
Des camionettes, des baguettes et la rochelle
Cher Côme, je t’écris depuis Lyon où je suis en formation (ce qui explique entre autre mon retard à envoyer cette lettre). Le fait que j’ai fais un peu de tourisme de en visitant la ville est une autre explication :

J’ai beaucoup aimé tes reflexions sur les personnages incomplet, à trou, qu’on viendra découvrir au cours de la fiction. Personellement je batis souvent mon personnage autour d’une idée forte (genre : je suis une fourgonette au coeur brisée) et après je laisse volontairement tout le reste dans le flou pour me laisser la possibilité d’écrire pleins de morceaux de fiction suplémentaires.

Et parfois même on a même pas besoin de combler ces morceaux de fiction supplémentaires. Sur un one shot (qui est mon mode de jeu majoritaire) une idée forte suffit souvent. D’autant plus dans des modes de jeux en narration partagée où le personnage peut aussi être simplement un véhicule (véhicule, fourgonette, vous l’avez ? ) pour la narration
Ce concept d’univers à trou, de volontairement ne pas encyclopédifier l’univers de jeu me parle beaucoup et m’a aussi fais penser (au dela de Inflorenza) au travail de Thomas Munier. Qui a cette phrase qui je pense est mon mentra dans l’écriture de lore : “Je ne vais pas définir précisement ce qu’est un Horla, C’est vous joueuse qui savez ce qu’il est” (en gros, je traduis de mes souvenirs). J’aime beaucoup cette idée de lore, de concept non explicité mais donnant quand même suffisament de matière pour imaginer et explorer sois même. Dans un autre genre, celui de la littérature c’est ce que fais nottament Luvan dans ses bouquins. Et je trouve que ça donne une force évocatrice hyper puissante

Ces lectures, ces jeux où l’on ne nous donne pas tout prémaché, décortiqué… ont pour moi au delà de l’éclatante herméneutique qu’ils peuvent avoir la force d’être éxigeant avec leur lecteur.ice. Et ça me fournit une très bonne transition vers un autre sujet dont je voulais te parler : l’exigence
/!\ Je met un petit avertissement, dans ce qui suit, je vais essayer de réflechir à l’exigence et à mon rapport avec elle ne prenez pas ça comme une parole de vérité absolue que j’aurais découverte c’est un travail en mouvement /!\
En ce moment, pour des raisons que j’ignore, je suis bombardée de vidéo courte sur le film Whiplash. Ce n’est pas vraiment pour me déplaire, Whiplash est un de mes films favoris (et je l’écoute d’ailleurs en écrivant cette chronique). Pour en résumer très vite l’histoire, il raconte l’histoire d’un élève batteur de jazz confronté à un chef d’orchestre tyranique, extrèmement exigeant et harcelant (le genre à jeter des chaises sur ces élèves) dans le milieu du jazz compétitif de conservatoire. Ayant moi même joué de la batterie (de façon médiocre) et ayant traversé les classes préparatoires (sans grandes gloires non plus), les deux thèmes du film me parle énormément.

Ce qui me fascine dans ce film est situé dans la scène de fin. Tout au long du film on a vu le chef d’orchestre (Fletcher) martyriser au plus haut point l’elève (Andrew) et quand je dis martyriser, je n’exagère pas, il lui a filé des claques, lui a hurlé dessus, lui a jeté une chaise à la gueule, l’emprise a été si forte qu’Andrew a eue un accident de voiture… Fletcher est un immonde connard et rien ne peut justifier ses actes.
À la fin du film, il y à plusieurs scènes où il essaye d’expliquer qu’il cherche à créer des musiciens exceptionnels en contant cette histoire où charlie Parker serait devenue un excellent musicien parce que Jo Jones lui a jeté une cymbale. Et le film ce conclue par cette scène incroyable où Andrew prend sa revanche et mène la musique à la place de Fletcher depuis sa batterie jusqu’à ces dernières quelques minutes où les deux se font face et où leur lien, leur complicité, leur amour total de la musique se fait jour.
Et je pense à cela depuis que j’ai recommencé à écouter Whiplash. L’exigence et la complicité qu’on peut y trouver. J’y pense mais je ne sais pas encore quoi en tirer. Tu vois tout cela est encore en maturation dans ma tête…
Bien évidemment Whiplash est extrème et toutes les humiliations dont Fletcher fait preuve sont plus que devastratrice. Et même sans aller jusqu’à là, je sais que mes angoisses sont suffisament élevées pour que certaines remarques ou des situations bien plus insignifiantes me stress / me laisse envisager que ce que je fais n’est vraiment pas terrible… Mais je trouve que Whiplash est un film qui laisse entrevoir comme rarement ça a pu être montré la complicité au sein de l’exigence et ces moments de grâce quand on trouve enfin la juste musique, la juste formulation…
Ces moments ont une valeur asez importante à mes yeux et je pense que nous devons creuser une voix de l’exigence qui ne soit pas celle de l’humiliation et de la violence mais qui porte néanmoins en elle, cette volonté d’aller plus loin, de trouver de nouvelles idées et de le faire au mieux.
J’ai vécu quelque moment comme cela (sans avoir à passer ni par le harcélement ni par la violence) et c’est vraiment magnifique.1 Bref, je n’ai pas de réponse sur jusqu’où il faut aller dans l’exigence mais j’ai envie d’y réflechir. Et d’entendre ton point de vue la dessus !

ALors je suis bien évidement pour l’usage des lettres et des cartes dans le jdr ! Je l’ai fais un peu dans un lointain passé pour une chronique de vampire avec des sceaux de cires… De mon coté, j’ai dégotté quelques petites pépites ! Je ne sais pas si tu te souviens mais il y quelque temps j’avais un peu parlé du travail d’édition du club français du livre. J'ai réccouté une très intéressante conférence sur ce club récemment et en passant chez un bouquiniste, j’en ai dégotté quelques uns !


Sur ce, je vous salut tout plein et comme la surement dis Gorki : À dans un mois !
Milouch
Je dis tout ça et en même temps, je suis aussi très fan de mouvement comme le punk qui s'en foute et juste font les choses. Mais en même temps, tout cela n'empèche peut être pas qu'au fond il y ait une forme d'exigence dans le fait de faire ↩