La newsletter de DÉFENSE DES MILIEUX AQUATIQUES

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2 juin 2026

Newsletter de DÉFENSE DES MILIEUX AQUATIQUES Juin 2026

LE CONSEIL D'ÉTAT SUSPEND L'ARRÊTÉ RÉGLEMENTAIRE PERMANENT DE LA PÊCHE EN GIRONDE

En avril 2023, une ordonnance des référés suspend cet arrêté du 28 mars 2023 uniquement en ce qu'il autorise la pêche de lamproie marine et rejette notre demande de suspension de la pêche de la lamproie fluviatile et de l'alose feinte et de l'usage des filets en Gironde.

En mars 2025, le Conseil d'État rejette le pourvoi de l'État visant à obtenir l'annulation de cette suspension partielle, mais admet celui de DMA visant à obtenir la suspension totale.

Le 22 mai 2026, le Conseil d'État casse l'ordonnance et suspend l'arrêté parce que celui-ci devait être précédé d'une évaluation de ses incidences sur les sites Natura 2000 du bassin Garonne-Dordogne.

En conséquence, la pêche de la lamproie fluviatile et de l'alose feinte et l’usage des filets dérivants, des filets fixes et des verveux sont désormais suspendus en Gironde jusqu'au jugement sur le fond dont l'instruction est terminée depuis deux ans.

Par décision du Conseil d'État, l'arrêté réglementaire permanent de la pêche en Gironde du 28 mars 2023 est suspendu. En autres, la pêche de la lamproie fluviatile et de l'alose feinte ainsi que l'usage des filets dérivants, des filets fixes et des verveux est suspendu. L'usage des filets dérivants avait déjà été annulé par un jugement du tribunal administratif de Bordeaux.
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REJET DU POURVOI DE L'ÉTAT CONTRE L'ANNULATION DES ARRÊTÉS DE PÊCHE 2020 DANS LES LANDES

Le 28 novembre 2023, à la demande de Défense des Milieux Aquatiques, la cour administrative d'appel de Bordeaux annule les deux jugements du tribunal de Pau et les deux arrêtés annuel et réglementaire de pêche dans les Landes de 2020.

Le 22 mai 2026, le Conseil d'État rejette le pourvoi formé par l'État visant à annuler les deux décisions en appel.

Il rappelle que les objectifs d'un site Natura 2000 sont la conservation (ici celle des poissons migrateurs) et ils ne se limitent pas aux seules orientation du document d'objectifs. Est aussi écartée le fait que l’inventaire national du patrimoine naturel (INPN) n'a pas cité la pêche au titre des pressions et menaces pour ce site. La Cour d'appel a justement apprécié les éléments mis au dossier par DMA.

De plus, le Conseil d'État confirme l'interprétation de la cour d'appel selon laquelle toute activité susceptible d’affecter de manière significative un site Natura 2000 doit être évaluée. Tel est le cas de la pêche des poissons migrateurs de l'Adour.

Les arrêtés de pêche 2020 dans les Landes sont définitivement annulés. D'autres suivront.

Le 22 mai 2026, le Conseil d'État a confirmé le jugement de la cour administrative d'appel qui a annulé les arrêtés de pêche dans les Landes pour 2020. Les orientations du DOCOB ne peuvent pas venir limiter les objectifs de conservation assignés par la directive HABITATS. Le fait que l'Inventaire National du Patrimoine Naturel n'ait pas cité la pêche comme menaces pour les poissons migrateurs de l'Adour ne suffit pas à écarter la pêche de la liste de ces menaces .
Le 22 mai 2026, le Conseil d'État a confirmé le jugement de la cour administrative d'appel qui a annulé les arrêtés de pêche dans les Landes pour 2020. Les orientations du DOCOB ne peuvent pas venir limiter les objectifs de conservation assignés par la directive HABITATS. Le fait que l'Inventaire National du Patrimoine Naturel n'ait pas cité la pêche comme menaces pour les poissons migrateurs de l'Adour ne suffit pas à écarter la pêche de la liste de ces menaces .

FILETS FIXES SUR L'ESTRAN CHARENTAIS ANNULÉS POUR LA SECONDE FOIS

Le 2 mars 2023, le tribunal de Poitiers avait déjà annulé la pratique du filet fixe amateur sur l'estran de la Charente-Maritime.

La préfecture avait anticipé cette annulation en publiant en septembre 2022 un second arrêté reprenant mot pour mot le premier, à l'exception du nombre de filets réduit de 1900 à 1600.

Défense des Milieux Aquatiques a dû contester ce nouvel arrêté. Ce subterfuge a permis à l'administration de méconnaître la loi pendant trois années de plus.

Le 13 mai 2026, le tribunal de Poitiers a annulé le second arrêté et a enjoint le représentant de l'État à respecter le jugement.

Pas sûr que cette injonction suffise en ces temps sombres de déni de la science et de la justice. Peut-être qu'un troisième arrêté émergera des méandres des sites officiels ?

2 surfeurs évoluent à quelques mètres d'un filet fixe posé à marée basse et signalés par deux bouées bien visible. Il sera retiré à la prochaine marée basse, 12 heures plus tard.
Filet fixe installé par un pêcheur à pied sur l'estran à marée basse. La marée montante va le recouvrir. Il deviendra alors un piège pour tous les poissons qui fréquentent l'estran, comme le bar, le maigre, la seiche ou la sole. Il sera récupéré à la prochaine marée basse, 12 heures plus tard.

LES POISSONS MIGRATEURS MENACÉS PAR LES POLLUTIONS CHIMIQUES DU BASSIN GARONNE-DORDOGNE

Bancel et al. 2025 documentent un taux de mortalité très élevé des embryons de grande aloses dans l'eau de la Garonne par rapport à des témoins dans une eau potable sans chlore.

Dans l'eau de la Garonne, 80 à 90% des embryons de grande alose meurent en quelques jours après la fertilisation. À l'inverse, dans un eau potable, le succès de la ponte varie entre 57 et 94%.

Cette étude suggère la présence dans l'eau de la Garonne de composés chimiques toxiques pour le développement précoce de l'alose de la Garonne, et probablement d'autres poissons, comme la lamproie par exemple.

Les composés suspects restent à déterminer, parmi les dizaines de milliers de candidats possibles, issus des rejets agricoles, miniers et/ou urbains.

Plutôt que de désigner le silure comme bouc-émissaire responsable du déclin des poissons migrateurs et de dépenser l'argent public dans des opérations de translocation aussi inutiles qu'injustifiées, il est temps de s'attaquer aux vrais problèmes.

Réceptacles de tous nos déchets, les milieux aquatiques sont devenus toxiques pour la vie à cause de la charge de pollution qu'ils concentrent. 60 % des espèces menacées d’écrevisses et de poissons le sont en grande partie à cause des pollutions.

Une condition nécessaire pour une restauration écologiquement efficace est donc l’atteinte préalable d’une bonne qualité chimique du milieu.

Water quality of spawning grounds constrains the population dynamics of an emblematic diadromous species (Alosa alosa)

Chances de survie (en pourcentage) de 100 embryons de grande alose soumis à l'eau de la Garonne (rouge) et l'eau du robinet sans chlore (vert) au cours de 3 expériences réalisées aux printemps 2022 et 2023 en amont de la centrale de Golfech.
Source = Sarah Bancel, Jérôme Cachot, Marion Blaya, William Bouyssonnie, Alexandra Coynel, et al.. Water quality of spawning grounds constrains the population dynamics of an emblematic diadromous species (Alosa alosa). Environmental Biology of Fishes, 2025, 108, pp.821- 834. ⟨10.1007/s10641-025-01687-7⟩. ⟨hal-05170036⟩

LE PROJET GOLDEN MILES AU SECOURS DU TURBOT

Comme beaucoup d'espèces commerciales, Zoé, la larve de turbot, achève sa dérive océanique dans les eaux littorales peu profondes où le jeune poisson va entamer sa croissance, par exemple dans les baïnes landaises.

La femelle ne sera capable de se reproduire qu'à l'âge de 5 ans. Elle mesure alors 43 centimètres et pèse environ trois livres.

Mais la vente du turbot est légale dès 30 centimètres. Il pèse moins de 300 grammes, c’est la taille d'une assiette, ce qui le rend facile à vendre, seule justification d'une taille minimale aussi faible.

La réalité est pire. Les mailles d'un filet peuvent ne mesurer que 40 millimètres de côté, voire moins et retiennent un turbot encore plus petit. À cause de sa forme losangique, le turbotin d'un an, 15 cm pour quelques dizaines de grammes, est déjà menacé.

La densité des filets côtiers est telle que le turbot juvénile a bien plus de risque de finir dans un filet qu’il côtoie tous les jours que de chance de devenir un géniteur.

Il ne faut donc pas s'étonner que l’espèce, devenue si rare, soit classée Vulnérable dans la liste rouge européenne des poissons marins. Si elle n'a pas encore disparu, c'est en partie grâce à une capacité de reproduction importante (5 à 10 millions d'œufs selon la taille). Les ventes en criées françaises, à un niveau faible de 500 tonnes entre 2001 et 2015, diminuent régulièrement depuis 2015, passant sous les 300 tonnes en 2024.

À Arcachon, les apports moyens de turbots entre 1973 et 1993 oscillaient encore autour de 34 tonnes. Entre 2002 et 2024, la moyenne des ventes en criée n'est plus que de 22 tonnes. Sur les dix dernières années, elle n'est plus que de 12 tonnes.

En 2020, le turbot ne représente plus que 2% de la valeur débarquée des fileyeurs du Golfe de Gascogne avec 87 tonnes.

En 2024, le turbot représente seulement 1% de la valeur débarquée par les navires immatriculés à La Rochelle, Ile d'Oléron, Marennes, Bordeaux, Arcachon et Bayonne avec 65 tonnes.

En Mer du nord, la biomasse de turbot est juste au dessus de la ligne rouge. Ailleurs, elle n'est même pas évaluée.

Dès 2019, le Conseil International pour l’Exploration de la Mer a dit l'essentiel : “Les captures [de turbots] concernent de façon prédominante les poissons immatures, ce qui a un impact négatif sur le rendement potentiel que pourrait donner le stock. Comme le turbot est un poisson à croissance rapide, une réduction des captures des juvéniles conduirait à une augmentation du rendement maximal durable.”

L'histoire est la même pour les autres poissons plats (sole et barbue notamment) et les raies et requins dont les juvéniles d'emblée trop grands sont eux aussi systématiquement détruits dans les eaux côtières. Ainsi, l'ange de mer, très fréquent au XXè siècle a disparu du Golfe de Gascogne.

Dans le Golfe de Gascogne où n'existe aucun quota pour le turbot, l'actuelle gestion autorise les filets fixes au ras des côtes, au beau milieu des nourriceries côtières. Les turbots juvéniles y sont donc détruits à longueur d'année en nombre considérable.

Avec d'autres espèces, le turbot du Golfe de Gascogne est devenu une ombre écologique que les bilans d'IFREMER ne mentionnent même plus, alors que son importance économique pourrait être facilement restaurée au secours d'une pêche côtière incohérente qui ne cesse de s'auto-saborder.

Réagir à l'effondrement des espèces et des ressources socio-économiques associées consiste à éviter la capture des immatures en éloignant les filets des eaux littorales. C'est le projet Golden Miles, le seul salut pour la pêche côtière.

Les ventes de turbot en criées françaises, à un niveau faible de 500 tonnes entre 2001 et 2015, diminuent régulièrement depuis 2015, passant sous les 300 tonnes en 2024.
À Arcachon, les apports moyens de turbots entre 1973 et 1993 oscillaient encore autour de 34 tonnes. Entre 2002 et 2024, la moyenne des ventes en criée n'est plus que de 22 tonnes. Sur les dix dernières années, elle n'est plus que de 12 tonnes.

Nouvelle version du livret GOLDEN MILES

en ligne et sur papier

En 20 fresques successives, ce petit manuel de résistance intellectuelle facile à lire (50 pages) explique pourquoi la pêche et les poissons continuent de décliner et comment s'y opposer.

Le projet GOLDEN MILES propose une gestion robuste de la pêche côtière qui s'oppose à la quête de performance imposée par le principe du rendement maximal durable (RMD) en train de tuer la pêche maritime.

Sur demande motivée à [email protected], les membres adhérents recevront gratuitement quelques exemplaires à diffuser dans leur entourage.

La version en ligne est imprimable ici. Merci pour vos retours pour améliorer le document.

Page de couverture du livret de sensibilisation Golden Miles de l'Association Défense des Milieux Aquatiques (DMA) qui propose une planification pragmatique de la pêche côtière, réservant les trois premiers milles aux seules pêches à l'hameçon, au casier et en plongée.
Aperçu du livret de sensibilisation Golden Miles de l'Association Défense des Milieux Aquatiques (DMA) qui propose une planification pragmatique de la pêche côtière, réservant les trois premiers milles aux seules pêches à l'hameçon, au casier et en plongée.

DMA CHERCHE À ACQUÉRIR UN MILIEU HUMIDE ET/OU UNE FORÊT DE FEUILLUS DANS LE BUT DE LES PRÉSERVER

DÉFENSE DES MILIEUX AQUATIQUES cherche à acquérir dans le département des Pyrénées-Atlantiques ou des Landes un milieu humide et/ou une forêt de feuillus (pins exclus) avec l'intention de protéger ces espaces en les plaçant sous obligation réelle environnementale.

Merci pour vos suggestions ou vos offres.

DÉFENSE DES MILIEUX AQUATIQUES (DMA)

association Loi 1901 à but non lucratif, de défense de l'environnement et d'intérêt général

numéro RNA W332021802

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