La compote de Côme #274
Des autruches, trois portes et un zoom perpétuel.
Jeux de rôles

Ze Attack of Ze Autruches Synthétiques – Un nouveau jeu de l’ami Guillaume, c’est toujours une occasion de se réjouir ! On retrouve dans ZAoZAS (quel bel acronyme) le même goût pour la déconstruction des clichés de genre que dans La La Land of the Dead, à savoir ici le film d’horreur avec des autruches synthétiques à la place d’un putatif tueur en série (pourquoi ? Eh bien pourquoi pas ?). Contrairement à LLLotD, que j’avais trouvé un peu décevant niveau système, ZAoZAS utilise un principe de jetons assez malin pour garder le hasard sur qui meurt et qui survit à la fin, et le jeu est un bel exemple d’explications pédagogiques qui ne laissent personne sur le bas-côté (contrairement, par exemple, à ce que j’ai trop souvent tendance à faire). Cerise sur le gâteau, le jeu inclut pas mal de suggestions de hacks presque encore plus réjouissantes que l’original !

A Knight’s Oath – J’ai été attiré par ce jeu via la double promesse d’un jeu de chevalerie illustré par l’ami Nimaël ; la première partie du contrat est respectée mais pas la deuxième, puisqu’on ne retrouve aucune belle illustration ou chouette mise en page dans le fichier (très basique) du jeu. J’avoue avoir eu un peu le sentiment de m’être fait arnaquer sur ce point ; heureusement, derrière son apparence triste A Knight’s Oath est un bon petit jeu de chevaliers qui vont être confrontés à la rigidité de leur code d’honneur et découvrir, au fil de leurs quêtes, qu’ils sont bien plus que ce qu’ils semblaient être au départ. Je ne me fais aucune illusion, cette version beta vieille d’un an et demi ne sera jamais mise à jour, et c’est bien dommage car il y avait là du potentiel !

Fractal Romance / Eternal Distortion – La sortie d’un supplément pour Fractal Romance m’a donné l’occasion de relire ce jeu qui continue de me séduire sans que je puisse tout à fait expliquer pourquoi… Peut-être à cause de son esthétique tout à fait synthwave, voire mallcore ; peut-être parce qu’il se décrit comme un hangout game et l’adaptation ludique d’un album que je n’ai jamais écouté ; peut-être parce qu’il propose des déambulations dans un espace liminaire plutôt accueillant avec une mécanique empruntant de loin à la logique des Belonging Outside Belonging… Sans doute un peu de tout ça mélangé, au fond.

Sodalitas 2 – Mais, c’est quoi cette arnaque ? Un lien vers Sodalitas 1 alors que j’ai lu Sodalitas 2 cette semaine ? Eh oui, je suis maintenant un influenceur cool et je reçois les jeux en avance ! Et en l’occurrence je me suis régalé avec cette 2e édition de Sodalitas, le meilleur système pour faire des jeux d’aventure ; elle n’enlève rien à l’original et se contente de rajouter une grosse boîte à outils avec des conseils, des cadres alternatifs, des petites règles en plus, 3000 formats de feuille de personnage, une guilde concurrente… bref de quoi se replonger dedans avec plaisir, en attendant la suite des Aventures en une page bien sûr !
Bandes dessinées

Donjon Antipodes + 10 004 – Un projet qui se trame – Voilà un tome de Donjon comme je les aime : action, humour crétin, héros qui se mettent dans la panade, et surtout un lien plus que concret avec la série principale qui met l’eau à la bouche pour la suite ! J’ai été, comme d’habitude, un peu perdu devant certains rappels à la mythologie de l’univers, mais ça ne m’a plus gêné que ça : ce nouveau tome a l’intelligence de rester concentré sur une intrigue principale et de la faire avancer dans le bon sens, venant conclure un premier acte dans cette série Antipodes + et laissant présager du très bon pour les futurs tomes...
Littérature

The Dark Tower II – The Drawing of the Three – J’ai avalé l’intégralité de ce bouquin en quelques jours, ce qui, comparé au temps qu’il m’avait fallu pour aller jusqu’au bout de It, témoigne de mon bonheur à retrouver mon tome préféré de la saga de La Tour sombre… C’est que les points de passage entre le monde de Roland et le nôtre est toujours ce qui m’a le plus intéressé, et j’avais oublié à quel point les nouveaux personnages introduits ici sont intéressants, ainsi que l’aperçu qu’ils donnent de leur version du vrai monde. Ça fait presque de The Drawing of the Three un recueil de nouvelles entremêlées entre elles, et quel bonheur de le (re)parcourir !
Page de pub

Une Semaine avec Grenouille et Lapin – Ça y est, le financement participatif de mon jeu d’aventures douillettes est lancé ! Entre temps j’ai lancé sa version numérique à la face du monde et j’ai eu plusieurs retours de parents y ayant joué avec leur enfant, ce qui est tout de même formidable. De mon côté j’espère que ce petit jeu te plaira, surtout parce que j’ai pour objectif de faire monter les ventes à fond, au moins pour pouvoir commander plein d’autres illustrations incroyables au non moins formidable François Maumont !
Séries

Femmes sous algorithme – J’ai depuis longtemps coupé les pubs et les recommandations de vidéo sur YouTube, et je suis un mec : trois raisons qui font qu’aller y regarder des trucs n’est pas un cauchemar, comme l’illustre très bien cette mini-série documentaire qui démontre par l’absurde comment les algos peuvent entraîner très vite vers les tréfonds des injonctions contradictoires, et quelles conséquences ça a sur la vraie vie en termes d’angoisse et de fatigue… Je suis donc ravi de ne pas tenir de bullet journal ni de chercher à me faire remonter les cils, même si bon je tiens une infolettre contre vents et marées, mais au moins cette pression je me la mets tout seul, toc !
Musique

Bellows, As If To Say I Hate Daylight – J’ai pris l’habitude, depuis quelques mois, de me laisser porter par les recommandations de Bandcamp pour découvrir de nouveaux artistes ; voilà comment je tombe par hasard sur la musique de Bellows qui me capte dès sa première titre, de la folk sèche et minimaliste qui me cueille en plein dans mes préférences. Si l’album n’avait été que cela, ç’aurait déjà été un petit plaisir, mais cette première chanson porte dans son derniers tiers les germes du reste de l’album : derrière la guitare basique et la voix de basse se cachent souvent des chœurs, des petites envolées lyriques qui viennent sublimer ce qui se révèle être bien plus qu’un disque lo-fi vite bricolé. “Uh Oh!”, qui donne son titre à l’album, en est un bel exemple, avec sa ballade rehaussée d’un petit hook qui s’échappe sporadiquement vers quelque chose de presque épique ; “Blew the Roof Off”, avec sa progression par vagues diverses et ses paroles énigmatiques, en est un autre… On retrouve même des petites interjections à la Arcade Fire ici et des airs d’Elliott Smith là au hasard de l’écoute. Toute la bedroom folk existe de toute façon dans un espace contigu et la musique de Bellows me rappelle celle de feu Guillaume Eluerd : peut-être parce que comme lui, Oliver Kalb construit sa musique comme un refuge, quelque chose de délicat qu’on montre avec appréhension au monde. Je suis heureux d’en avoir trouvé le foyer.
Par ailleurs :
— Je n’ai pas plus le temps d’explorer un monde fait de zooms avant et arrière qu’un monde où les curseurs ont des quêtes à remplir, mais le principe est fabuleux.
— Les autres musiques de la semaine : la pop étoilée de Boys In Lillies, l’électro industrielle d’Ensemble 0 et l’électro-pop acidulée de Disasteradio.
Des bises
et peut-être à dimanche prochain, en compagnie de Chad VanGaalen.
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