La compote de Côme #272
Banlieue, labyrinthe et jazz.
Jeux de rôles

A Grotto Called! – Voici un jeu tout à fait OuJePien, presque plus de l’ordre du party game que du jeu de rôle d’ailleurs : on pourrait presque l’imaginer comme tâche finale d’un épisode de Taskmaster, avec les deux groupes qui passent d’une pièce à l’autre pour essayer de trouver comment tuer le monstre qui leur fait face sans pouvoir communiquer entre eux et en tâchant de ne pas trop se répéter. L’idée est non seulement très drôle et originale, mais en plus le jeu se paye le luxe de donner quelques exemples très parlants qui permettent de tout à fait saisir son concept !

Ѝ - J’avais été à moitié convaincu par ma première lecture de ce petit bouquin il y a 3 ans : l’idée de téléporter un quartier de banlieue en plein décor medfan était vraiment très attirante mais il manquait quand même beaucoup de choses pour en faire un cadre de jeu intéressant. Et puis j’ai croisé son auteur l’autre jour qui m’a cryptiquement indiqué qu’il y avait un fil rouge caché dans l’ouvrage, ça m’a donné envie de le relire… Je pense l’avoir trouvé, et je trouve ça dommage qu’il n’ait pas été plus explicite, ça aurait donné un peu plus de sens à un ensemble qui demeure en effet trop disparate et plein de trous pour être tout à fait satisfaisant. Mais je vais peut-être bientôt actionner tout ça en jeu, on verra donc si j’avais raison ou non…

Contemporary Art – J’aime bien les jeux qui permettent de raconter la vie d’un personnage ; il y a le mien, bien sûr, celui de Melville, et désormais celui-ci qui a deux particularités : d’abord il se joue à 3 avec un jeu de cartes, chacune d’entre elles désignant à la fois le rôle qu’on tient pendant la partie et les périodes successives dans la vie de læ protagoniste, et puis surtout une grande part du jeu consiste à dessiner des zigouigouis plus ou moins abstraits puis à les interpréter. Pourquoi ? Parce que c’est rigolo, pardi !

Blown – J’ai dû déjà écrire une douzaine de fois dans cette infolettre à quel point le thème du casse est un poncif aussi bien ludique que narratif, mais que c’est un poncif qui fonctionne très bien, et Blown le montre une fois de plus en nous proposant cette histoire du casse qui tourne mal avec une emphase particulière sur les relations entre les personnages. Comme d’autres jeux qui utilisent le système de Breathless (initialement un jeu de survival horror), c’est pas mal mécanique et ça joue sans surprise sur un principe de tension continue, mais ça fonctionne assez bien sur le papier avec plein de petites idées qui sont peut-être un peu trop nombreuses pour rester tout à fait digestes, mais en 2 pages ça passe. En somme, une digne addition au genre !
Littérature

La Mort immortelle – C’est toujours compliqué de conclure une grosse saga, surtout dans le cas du Problème à 3 corps où chaque tome est parti dans des directions tout à fait inattendues. C’est encore le cas ici puisque bien malin était cellui qui aurait pu prédire comment tout cela se termine… Mais il faut dire, en essayant de ne pas divulgâcher quoi que ce soit, que cet élément de surprise n’est pas des plus agréables puisqu’en regardant en arrière je me rends compte que de très larges parties de l’œuvre sont là pour exposer des chouettes concepts de SF mais sans rien apporter à l’intrigue globale à part des twists pour rallonger le tout. C’est particulièrement patent dans ce 3e tome où, au vu du dernier tiers du bouquin, on se demande un peu à quoi a servi la première moitié… Bref, si j’ai bien aimé l’univers qui était déployé dans la saga de Liu Cixin, le tout me laisse tout de même un goût de « tout ça pour ça ? ».
Séries

Malcolm in the Middle: Life’s Still Unfair – Le point faible principal de cette mini-série, c’est bien sûr sa courte durée : on passe le premier épisode à se dire « ouh punaise iel a vieilli ! » toutes les cinq minutes, le dernier à s’étonner que tout soit conclu si vite, et entre les deux il faut s’intéresser aux nouveaux personnages… Tout va très vite mais avec un rythme étrange qui tente quand même d’insérer des moments d’émotion et des intrigues secondaires pour que tous les personnages originaux (ou presque) aient leur petit mot à dire. En 4 épisodes, c’était mission impossible tant le cast d’origine est nombreux et avec des personnalités bien distinctes : au final, à part Hal (grimé par un Bryan Cranston qui s’éclate) et Malcolm, les autres personnages restent sur le bas-côté, pour ne rien dire des personnages secondaires qui sont juste là pour faire coucou. On peut se demander, au final, à quoi sert cette mini-série à part faire un petit cadeau aux fans hardcore de la série originale : ça tombe bien, on en fait partie...
Jeu vidéo

Creaks – J’aime les jeux de puzzle, j’aime les jeux au design un peu « fait main », j’aime les jeux de plate-forme, ce petit jeu tchèque avait donc tout pour me plaire ! Jamais trop simple, ni trop compliqué, il se paye le luxe d’avoir un gameplay plutôt agréable (on déplace le protagoniste d’un bout à l’autre d’un immense labyrinthe en évitant de se faire bouffer, en gros) et d’introduire graduellement de la complexité sans aucune parole et presque aucune indication… et même d’avoir une histoire engageante, dis-donc ! À part un petit regret que la fin du jeu soit finalement moins difficile que d’autres sections précédentes, c’était un très chouette moment de jeu !
Musique

Kim, Route départementale 89 – J’aurais pu choisir, pour aborder ici l’infatigable Kim qui fait de la folk maison depuis les années 1990, de te parler d’un de ses albums fragiles et touchants du début de sa carrière, ou de ses expérimentations en matière de boucles qui rendent fou. RD89 me paraît un bon compromis… L’album, si on peut l’appeler ainsi, est construit autour d’une sorte de long plan séquence qui m’évoque spontanément le genre d’albums que tu mets pour aller courir, ou pour prendre la route ; il donne d’abord l’impression, une fois de plus, d’une boucle qui rend fou, mais de micro-variations se détachent de plus en plus jusqu’à ce qu’on change de registre au bout d’une vingtaine de minutes. C’est ensuite 10 minutes de percussion à bois, comme de la pluie fine qui tomberait sur notre course, étouffant tous les autres sons, puis un duo piano-flûte qui s’en tient au minimum, comme quelqu’un qui serait à bout de souffle. On a ensuite droit, en vrac, à de la percussion de café, de la vraie eau qui goutte de partout, pour aller vers une conclusion plus éthérée qui n’est pas sans m’évoquer la fin de la chanson de 24 heures de Flaming Lips ; comme elle, on sent que RD89 aurait pu être condensé en quelques pistes instrumentales moins expérimentales et plus courtes, mais on aurait perdu ce beau voyage en terres multicolores.
Le mass et la plume

Avec la sortie de leur dernier EP Beneath The Surface — deux morceaux originaux et deux titres live — c'est l'occasion de vous parler de Seether.
À la fameuse question « si tu pouvais emporter 10 albums sur une île déserte, lequel choisirais-tu ? », ce serait très dur de répondre, mais je pense que j'emporterais Poison the Parish, sorti en 2017. Du grunge comme on l'aime, énergique, avec la voix abîmée de Shaun Morgan. Entre Nirvana et Alice in Chains, ce groupe sud-africain est pour moi l'un des groupes importants du début des années 2000. Allez écouter “Gasoline”, un des titres de leur premier album Disclaimer, sorti en 2002. Vous aimez le rock énergique mais un peu lancinant ? Ce groupe est fait pour vous.
Par ailleurs :
— En 1927, la Californie c’était le monde.
— Le métro de New York fait du jazz.
— Les autres musiques de la semaine : explosions sonores avec B R I Q U E V I L L E, chant de rue avec les Hurlements d’Léo et pointes de glace avec Rémy Charrier.
Des bises
et peut-être à dimanche prochain, en compagnie de Greg Davies, Alex Horne and the Horne Section.
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