La compote de Côme #271
Super-héros, Super Mario et super gênant.
Jeux de rôles

Kid Impossible / Kaiju Zine – Jay Dragon a récemment mis en ligne pas mal de ses anciens jeux, souvent des machins expérimentaux pas tout à fait fini mais qui dévoilent les racines de jeux plus complets, Wanderhome et Yazeba en premier lieu. De cette petite pile j’extrais Kid Impossible et son pendant Kaiju Zine, qui fonctionnent en duo pour raconter les questionnements de Jay sur sa transidentité et en faire quelque chose entre le jeu et l’autofiction à trous. De quoi redonner des arguments pour qualifier le jeu de rôle d’art comme les autres...

The Most Human Game – À l’autre bout du spectre des jeux artistiques il y a ce genre de choses : une page bourrée de texte cryptique où il est question, me semble-t-il, de se taper dessus par pièces d’échec interposées pour marquer plein de points et euh, j’ai pas compris beaucoup plus mais c’est joli non ?

Full Send – Ça commence à faire pas mal de jeux sur l’escalade que je chronique ici… C’est qu’il y a pas mal de façons d’aborder cette activité qui n’est pas qu’un sport ou un loisir mais aussi un truc pour gens riches qui veulent dépasser leurs limites. Full Send parle un peu de ça et aborde l’escalade surtout sous l’angle du dépassement de soi, avec une préface vraiment chouette mais aussi un aspect gestionnaire qui n’est pas ce que je trouve le plus intéressant au monde : utiliser des cartes de tarot pour raconter les différents aspects d’un sommet, ça par contre c’est chouette !
Bandes dessinées
Six mois d’abonnement – Je n’ai remarqué qu’à la fin de ma lecture que cette bande dessinée avait été imprimée par Atrabile et était passée par Ego Comme X : pas étonnant dès lors d’y avoir trouvé une sorte de Fabrice Neaud du pauvre, avec cet étalage de la vie sentimentale de l’auteur mais sans grande réflexion derrière. Au moins, Hanna évite l’écueil de dire que les sites de rencontres sont plus faciles d’accès pour les femmes, et ne s’épargne pas lui-même dans l’affaire : mais à part un témoignage personnel, quel message au juste porte Six mois d’abonnement ? Il m’a manqué ce quelque chose en plus pour en faire autre chose qu’une lecture sympa sans plus.

Girafes – J’étais bien content de tomber sur une œuvre de jeunesse de Sophie Guerrive cette semaine… Las, on est bien loin du génie de Tulipe et ses comparses. Certes, l’ensemble garde une certaine légèreté et un ton pseudo philosophique traité à la légère, mais c’est enrobé dans un humour auquel je suis au mieux frileux, au pire totalement averse (faut dire qu’une blague sur la culture du viol et une caricature raciste tout droit sortie de Tintin au Congo ça n’aide pas). Parfois, les œuvres de jeunesse nous aident à mieux apprécier les œuvres de l’âge adulte...
Littérature

A Tale of Two Futures – Mon psy a beau me dire que je ne suis pas obligé de parler d’une œuvre de littérature par semaine, je me sens poussé à te parler de ce petit volume qui ne m’a pas occupé longtemps (mais c’est rarement une purge de lire des nouvelles d’Isaac Asimov). Comme il s’agit d’une brochure destinée à l’enseignement, le choix des nouvelles n’a pas été par hasard et il y a une certaine démagogie à en choisir une qui dit que les profs c’est mieux en vrai et une deuxième qui dit que les IA (ou les robots, c’est un peu pareil chez Asimov et aux éditions Belin) ça peut être dangereux… Les nouvelles elles-mêmes ne sont pas mauvaises, même si elles souffrent un peu de ce truc classique de la SF de mettre le twist qui va bien à la fin. Et sur ce, je replonge dans mes bouquins trop gros pour être lus en une semaine !
Séries

One Piece saison 2 – Cette 2e saison de One Piece m’a fait le même effet que la première : un nouveau plongeon dans les premiers temps de la saga, ceux qui baignaient dans l’aventure au lieu de se noyer dans des combats interminables et des révélations mythologiques tarabiscotées. Les passagers du Merry m’ont fait l’effet d’une bande de personnages de jeu de rôle, et si la série a parfois (mais pas si souvent) du mal à faire oublier ses effets spéciaux, elle a le bon goût de gommer d’autres aspects désagréables du manga (dont son sexisme) pour se recentrer sur l’aventure haute en couleurs, et rien que ça. Franchement, j’en redemande !

Amandaland saison 1 – On était a priori pas les seuls à ne pas vouloir quitter les personnages de Motherland et avons donc tenté ce spin-off centré sur l’un des personnages les plus (agréablement) détestables de la saison source… Le problème c’est qu’on regardait Motherland pour la gentille folie qui s’en dégageait et l’empathie envers des personnages de losers et qu’on perd tout cela ici. L’humour tombe souvent à plat, les nouveaux personnages ne sont pas passionnants, et les péripéties de la protagoniste non plus… Bref, le plaisir des retrouvailles est bien limité.
Films

Perfect Days – C’est bon, je pardonne totalement à Wim Wenders qui m’avait tant déçu avec Paris, Texas et son horrible fin : le dernier plan de Perfect Days est incroyablement émouvant, tout comme le reste du film qui précède. J’aurais pu regarder une heure de plus de la routine tranquille de son protagoniste, qui traverse les scènes sans se départir de son humeur égale, jusqu’à ce que des bouts d’intrigue le fassent avancer vers quelque chose de plus touchant encore : comme le dit très bien un commentaire lu sur Internet, on passe d’un film sur le plaisir de simplement exister à une réflexion sur la difficulté de se contenter d’exister… Et dans les deux cas, on sourit et pleure beaucoup.

Shrek 2 – Revoir l’autre jour le premier film de la saga des Shrek n’était pas une expérience si déplaisante : certes, l’animation était un peu figée et le personnage de l’âne absolument horripilant, mais ça se laissait regarder. Ces deux défauts sont un (tout petit) peu corrigés dans Shrek 2 mais il en apparaît hélas d’autres : ce que je reproche en premier lieu à cette suite c’est son avalanche de clins d’œil à la pop culture, déjà obscurs pour la jeunesse d’alors et totalement incompréhensibles aujourd’hui. Ces clins d’œil se mettent souvent en travers de l’intrigue, elle-même pas si nulle, et rend Shrek 2 assez agaçant à force de vouloir être cool… et j’ai peur que ça ne s’arrange pas par les suites.

The Super Mario Galaxy Movie – Je n’avais pas vu le premier opus de cette nouvelle série de films autour de Mario mais maintenant que ma fille a le bon âge, ça me fournissait une bonne excuse… C’est un exercice intéressant de voir comment on a pu transformer en récit quelque chose qui en comporte fondamentalement assez peu, tout en réussissant à caser un maximum de clins d’œil et de références pour les parents nerds qui amènent leurs enfants au cinéma. C’est finalement d’assez bonne facture, assez basique narrativement avec juste ce qu’il faut de rebondissements, des personnages secondaires sympathiques qui échappent au cliché du side-kick rigolo, un rôle féminin pas trop tenu à l’écart des scènes d’action (qui sont plutôt bien fichues)… Franchement, à part un double retournement de la part du méchant qui est un peu dommage et une vague intrigue amoureuse pas vraiment utile, c’était du bon divertissement !
Musique

Space Afrika, HYBTWIBT? – Difficile pour moi de ne pas tomber immédiatement tomber amoureux du son de Space Afrika, qui mélange nappes en apesanteur et fragments de sons capturés ici et là, dans la rue ou sur des cassettes de hip-hop. Ce n’est pas exactement du collage sonore ou des bouts de trucs pas finis : au contraire, il se détache de la tristesse de certaines pistes une ambiance très travaillée, à la poussière près. Difficile de ne pas voir dans ces émotions découpées le pendant sonore d’un des films vus cette semaine ; difficile de sélectionner ce qui dans ce collage se détache le plus de l’ensemble, à considérer comme la carte postale sonore d’un océan changeant.
L’arrière-queer de Milouch

Un soupçon de crachat de Pat Parker
Alors, je sais pas c'est quoi les bails autours des fluides corporels chez Hystériques et associées mais entre Bave de schneck et Un soupçon de crachat, je devine une certaine tendance...
Un soupçon de crachat c'est donc le dernier né de chez Hystériques et associées (oui, j'ai lu quasiment toute la maison d'édition et je me fais un devoir d'essayer de chroniquer tout ce qui sort de Noémie Grunnenwald). Un recueil des poésie de Pat Parker qui mêle le lesbianisme aux questions de racisme et à la ségrégation. Ce sont des textes forts ciselés dans la conquête vers la liberté d'être soi-même. Une poésie de luttes que je ne peux que vous conseiller et qui porte une voix qu'on n’entend que trop peu souvent.
Par ailleurs :
— Un labyrinthe infini, mais pas de la façon que tu crois.
— 25 %.
— On continue avec les jolies images : cette fois-ci, des diagrammes.
— Petite histoire des pronoms anglais au Moyen-Âge.
— Les autres musiques de la semaine : ascension avec Essor du Vultur, cris divers avec Rien Virgule, et balades en dents de scie avec Jens Bosteen.
Des bises
et peut-être à dimanche prochain, en compagnie de Richard Cheese.
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