La compote de Côme #269
Un cochon, d'autres cochons et une imprimante.
Jeux de rôles

You Are Telepaths Escaping From Town - Un jeu où l’on incarne des gens qui ont des super-pouvoirs pourchassés par le gouvernement, ça évoque plein de trucs et en premier lieu Psi*Run, mais ce n’est pas l’ambiance ici ! Ici, le principe central est que les personnages n’ont presque aucune chance d’utiliser leurs pouvoirs (en l’occurrence, pouvoir contrôler d’autres personnages par la pensée) sauf que chaque utilisation de leur pouvoir les met dans la mouise. Un bel équilibre, le tout en à peine une page !

Pig at a Wedding – Ce mois-ci Grant Howitt ressort un vieux jeu et il a raison car icelui est sacrément bon ! Il y a une situation claire (qui n’aime pas foutre le bordel dans un mariage…) et même découpée en actes, un système à la fois simple et plutôt original, tout juste ce qu’il faut de tables aléatoires pour que ça fonctionne… Non franchement rien à redire, une perle du genre !

Pig Problem at the Dead Mall – Impossible de trouver quoi que ce soit à redire à un jeu qui te propose de jouer des petites frappes qui veulent reprendre le centre commercial que les flics (pardon, « les cochons », rien à voir) ont sous leur contrôle… Surtout avec une telle patte graphique ! Alors oui ça fait 2 jeux avec des cochons cette semaine mais c’est pas si surprenant puisque PPatDM utilise pour son système une variation de ce que Grant Howitt avait concocté pour Eat the Reich et quelques autres jeux… la filiation est donc directe !

Cyphernoided 2600 – Je dois l’avouer, les jeux cyberpunk c’est pas trop mon truc… mais celui-ci a une certaine élégance dans sa concision et dans ses mécaniques qui me plaît bien : le concept central c’est que tu peux t’ajouter des trucs sur/dans le corps (comme dans tout bon jeu cyberpunk) mais que ça ne fait que retarder l’inévitable et qu’au bout d’un moment tu/tout va craquer. Ça me paraît assez raccord avec l’ambiance de désespoir du cyberpunk en général...

Stase terminale – Comme les jeux d’horreur c’est pas trop mon truc non plus, j’étais également passé un peu à côté de ce jeu français-là, et c’est une erreur car il est tout à fait bien fichu ! D’abord il y a les illustrations de mon ami Guillaume, ce qui ne gâche rien, mais ensuite j’ai beaucoup aimé l’idée d’un jeu d’horreur sans MJ où l’on utilise des jetons pour faire graduellement monter l’angoisse et construire la menace qui plane sur les personnages dans le même temps. En plus le jeu est bourré de cadres prêts à utiliser avec des ambiances assez différentes, bref c’est de la bonne came pour les amateur⋅ices du genre !
Non-fiction

Bourrage papier – J’ai lu une réflexion récemment sur les tutos en ligne, qui disait en gros que c’était dommage car ils t’apprenaient juste à suivre pas à pas des instructions que tu comprends pas complètement au lieu de t’expliquer comment pouvoir te passer d’un tuto la prochaine fois. C’est un peu ce que je m’attendais à trouver dans ce bouquin, une sorte de désossage d’une imprimante pour comprendre un peu comment ça marchait à l’intérieur, d’où venaient les problèmes, comment c’était construit et tout le toutim. Mais en fait, Bourrage papier est plus un ouvrage réfléxico-philosophique (par ailleurs très beau) qui part dans plein de directions différentes et s’avère parfois un peu fouillis et trop éloigné du sujet à mon goût (je comprends ce que le chant polyphonique a à voir avec le lien humain, mais ça ne me semblait pas le meilleur angle d’approche…). Au final, ça donne un ouvrage à picorer, où revenir, une brique pas forcément intéressante en soi mais pour les fondations qu’elle pose.
Séries

Feel Good saison 1 – Après la critique de Milouch sur cette série, j’avais très envie de la commencer tout en ayant peur qu’elle soit à peu près l’inverse de son titre… C’est finalement son format (à la britannique, 6 épisodes de 25 minutes par saison) qui m’a décidé, et quelle claque ! Effectivement ce n’est qu’à moitié, voire à tiers, une série comique, son cœur étant la représentation semi-réaliste d’une relation lesbienne entre deux meufs compliquées et un sac rempli d’un passé compliqué. Ce fut un plaisir d’y retrouver deux candidates de Taskmaster au centre d’un casting en or, de se marrer face aux situations absurdes auxquelles elles font face, de cringer comme jamais face à d’autres… Je suis donc 100 % en accord avec Milouch sur Feel Good, excellente série d’apprentissage dont j’ai hâte de voir la suite !
Film

Detention – Le plus gros problème de ce film, c’est que la colle en question n’arrive qu’à la 47e minute de film. Avant ça, c’est un véritable amas de références, pastiches, mélange de genres qui menace presque de nous ensevelir : oui, c’est un teen movie postmoderne qui tord les codes de Scream pour mieux s’en servir, mais on y trouve aussi du fantastique par tonneaux, des personnages secondaires qui sont en fait les protagonistes, des scènes qui semblent insérées pour rigoler mais trouvent leur justification 25 minutes plus tard… Regarder Detention est un peu fatiguant, et le film a un côté « je suis plus cool que tous les films cool que tu as jamais vu » qui peut légitimement énerver. Mais pour moi le mélange a plutôt bien fonctionné et le moins qu’on puisse dire, c’est que je n’ai pas eu le temps de m’ennuyer...
Musique

Men I Trust, Equus Asinus – J’ai failli reléguer cet album, découvert par hasard il y a quelques semaines, au bout de la compote : j’y aurais seulement écrit qu’il s’agit d’une musique de farniente, et ce n’aurait pas été lui rendre les honneurs qu’il mérite. Il y a bien quelque chose de la détente dans ce disque, des mélodies allongées qui laissent mon cerveau se liquéfier tranquillement à la fin d’une longue journée ; la voix de la chanteuse et ses paroles un brin mystérieuses se marient idéalement à une guitare alanguie et des percussions nonchalantes. Il est vraiment difficile de battre le cool de pistes comme “All My Candles” ou “Moon 2”, qui auraient largement leur place chez les coolos de Tasty Morsels ; parfois, Men I Trust va plutôt chasser (avec brio) sur les terres de Blonde Redhead ou se plonge dans des bandes-sons de films imaginaires, avec une pointe de Leonard Cohen à la française… Bref, Equus Asinus s’impose par surprise et durablement comme le grand disque d’un grand groupe, dont je ne manquerai pas de guetter les suites !
Le mass et la plume

J’ai vu Wonder Man. Le pitch : Simon Williams, un acteur qui essaie de percer sans y arriver, rencontre Trevor Slattery, l’acteur qui a joué le Mandarin et qui avait ennuyé Iron Man (j’adore quand les séries et les films se croisent). Ils cherchent à participer au film Wonder Man, qui a une importance nostalgique pour Simon.
Alors, si vous pensez voir une série de super-héros, c’est raté — et c’est peut-être là toute son originalité. Oui, Simon a des pouvoirs, mais en fait, c’est surtout un problème pour lui, car une loi a été mise en place suite à un incident impliquant un homme doté de pouvoirs (d’ailleurs, l’explication donne lieu à un très bon épisode). Il est désormais interdit aux acteurs d’avoir des pouvoirs.
On est donc face à une série qui parle avant tout d’Hollywood, et aussi d’amitié. Un peu comme dans les comics, où Wonder Man passe de super-vilain à super-héros, avec un pouvoir trop puissant pour l’univers Marvel. Ici, le point de vue est différent : on suit un homme perdu qui essaie de bien faire, aidé par un acteur raté qui cherche à se racheter.
Les deux acteurs sont très bons, le rythme est efficace (avec des épisodes courts), il y a des moments d’humour (pas trop lourds) et des moments plus dramatiques. C’est une bonne petite série — pas un chef-d’œuvre, mais j’ai passé un bon moment.
Par ailleurs :
— (D)évolution de la langue anglaise à l’écrit.
— Un simulateur de cordes vocales.
— Plein de belles choses.
— Avant internet, on utilisait le fax pour faire des blagues.
— Les autres musiques de la semaine : les collages sonores de Vanessa Amara, encore Daft Punk mais toujours pas vraiment, la folk de chaudard de Jean-Louis Murat et les chants envoûtants de L’Argousier (dont il faudrait que je parle en détail aussi).
Des bises
et peut-être à dimanche prochain, en compagnie de Céline Dion.
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Maintenant que tu as mis le nez dans Detention de Joseph Kahn, tu tentes son film de moto monté de la même manière (c'est-à-dire pas de plan de plus de 5 secondes) ? Tu mets les gaz, et tu lâches pas. C'est du wizard-on-bikes tellement ça part dans tous les sens. Je conseille (si on est prêt à accepter la proposition).
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