La compote de Côme #268
Des poissons, une grenouille et un robot.
Jeux de rôles

A One In A Million Chance At Adventure - Alors que je me remets cette semaine à l’exploration du Disque-monde (voir ci-dessous), je tombe sur ce petit jeu qui cherche à en émuler l’esprit de façon ramassée. C’est plutôt une bonne idée de ne pas faire semblant qu’on s’adresse à d’autres gens que des fans avec ce jeu, ça évite le catalogue inutile de lieux et de personnages ; par ailleurs le texte préfère un humour léger plutôt qu’un complet pastiche de Pratchett qui aurait été un désastre. Côté règles, c’est pas trop mal fichu même si peut-être un brin trop technique à mon goût ; bref, ça ressemble fort à une petite boîte à outils pour aller s’amuser dans Ankh-Morpork !

The Ol’ Fishing Ritual – Voici quelque chose d’original : un jeu de rôle dans lequel l’un des rôles est celui d’un étang, qui ne peut pas parler (évidemment) mais peut s’exprimer avec des symboles et des dessins (comme de bien entendu), le tout pour aider les membres d’une famille à recréer un obscur rituel… Ça a l’air sacrément rigolo et s’incruste immédiatement dans mon dossier OuJePo !

Ghost Roads & Moon Dust - Il n’y a pas que les propositions de jeu originales, il y a aussi les chouettes pliages ! En réalité GR & MD réunit les deux puisqu’en plus d’être fait pour être plié dans tous les sens, il utilise une structure finalement très proche des jeux de société roll & write pour raconter une histoire semi-linéaire qui parvient à créer tout un univers avec seulement quelques coups de gros pinceaux...

Unknown News Network – Bossant en ce moment à un jeu sur le journalisme (à sensation), je m’intéresse aux autres propositions dans des cadres approximativement similaires, tel ce jeu sur le journalisme (en temps de surveillance massive). UNN est en réalité surtout un jeu sur la communication entravée, et toute la partie journalisme dépend probablement beaucoup de l’imagination des personnes qui y jouent ; j’ai néanmoins trouvé pas mal son petit système qui reproduit bien l’ambiance paranoïaque que peut avoir un journaliste devant transmettre une info tout en étant sous haute surveillance.
Littérature

Pyramids – Rien de tel qu’un petit roman de Terry Pratchett pour me rafraîchir après le long pavé de Stephen King… Ce 7e opus de la saga du Disque-monde est le premier à proposer une histoire entièrement contenue en un tome, c’est-à-dire qu’on ne reverra pas ses protagonistes par la suite (pour autant que je peux m’en souvenir). C’est peut-être pour cela que le roman m’a laissé un petit goût de trop peu : il fonctionne bien, évidemment, car Pratchett sait écrire, et ses thèmes de modernité versus tradition, s’ils ne sont pas très originaux, marchent bien dans le contexte de pyramides géantes et avaleuses de temps (mais si). Et puis c’est également très drôle. Néanmoins, ses protagonistes sont un peu trop archétypaux (pour ne rien dire des maigres rôles féminins), le premier quart du bouquin est sympa mais n’apporte pas grand-chose à la suite, et tout cela finit un peu rapidement...
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Une semaine avec Grenouille et Lapin – J’ai même pas fini d’envoyer des petits jeux punk partout dans le monde que je remonte déjà sur mon destrier, pour partir dans une direction totalement différente ! Ce jeu-là, ça fait un moment que je le bidouille, d’abord porté par mon amour de Ranelot et Buffolet que j’ai déjà exprimé ici, et puis par le magnifique coup de crayon de Fançois Maumont… Le résultat c’est un petit bouquin fait pour des histoires douillettes à 2 ou 3, sans aucun autre matériel que ses mains dans ses poches et peut-être un plaid quand il fait un peu frisquet. C’est disponible en PDF gratuitement et je t’en reparlerai en mai quand il s’agira de trouver des sous pour la version imprimée !
Films

Shrek – Un des trucs chouettes de parent c’est de montrer les classiques de son enfance (ou, en l’occurrence, de son adolescence) à sa progéniture ! Bon, on va pas se mentir, l’animation de Shrek a beaucoup pâti du passage du temps, comme à peu près tous les films animés par ordinateur des années 2000. Il y a aussi ce fichu personnage de l’âne dont les jacasseries incessantes sont aussi énervantes pour le spectatorat que pour le protagoniste… Mais en-dehors de ces deux défauts, la déconstruction des clichés effectuée par le film et sa bande-son remplie de bangers du début du millénaire fonctionne encore ! Tout comme, évidemment, les blagues sur les prouts et les crottes de nez, car celles-ci sont immortelles.

Robot Dreams – Je partage assez largement l’avis de l’ami Jérémie sur ce long métrage animé plutôt sympathique : son concept tournant autour de l’amitié entre un protagoniste et son robot est assez touchant et l’idée de le développer sans inclure aucune parole fonctionne impeccablement. Mais il est vrai que le film est un peu long et se perd dans son milieu en une série d’épisodes qui auraient pu être résumés, voire omis ; c’est vrai aussi que les deux personnages ne connaissent pas une progression incroyable et que j’aurais apprécié un peu plus de complexité dans leur relation (sans parler du concept même d’un ami robot qui est fait pour s’adapter totalement à toi sans rien remettre en question, qui touche à des sujets un peu trop sensibles pour moi en ce moment). Mais bon, Robot Dreams était tout de même loin d’être désagréable à regarder !
Jeu de société

Bandido – J’étais à la fois attiré par Bandido à cause de son petit format, de son aspect collaboratif et de la promesse qu’il était difficile d’y jouer sur une table parce que ses tunnels partaient dans tous les sens, et intimidé par le fait qu’apparemment c’était assez difficile de gagner une partie : est-ce que ça allait coller avec mon impatiente de fille ? Il s’avère, après quelques parties, que le jeu est peut-être plus basé sur la chance que la stratégie (à notre faible niveau en la matière en tout cas), ce qui nous a plutôt réussi au départ… Le jeu s’étire peut-être un peu trop une fois qu’il est clair qu’il est impossible de gagner mais reste un moment ludique très sympathique !
Musique

Girl Talk, All Day - Je nourris depuis longtemps une fascination pour le mash-up, cette pratique qui consiste à mélanger ensemble des bouts de musique pré-existante pour en créer une nouvelle : déjà que c’est incroyable qu’on puisse composer autant de mélodies différentes à partir d’un répertoire de notes somme toute assez réduit, si en plus on peut revisiter l’entièreté du répertoire, les possibilités sont infinies… Et puis quelle incroyable oreille il doit falloir avoir pour pouvoir se dire que telle percussion va coller avec tel chant, que coller cette guitare avec ce sample ça va être le feu, j’en suis bien entendu totalement incapable. C’est pourtant la magie de All Day, qui tout le long d’une heure va mélanger allègrement tubes de hip-hop et de rock pour fournir la bande-son idéale pour danser n’importe comment et comme un fou, une dose d’énergie à laquelle il est absolument impossible de résister (ni de résumer, d’ailleurs). Monument absolu du mashup et de la musique à danser, All Day m’a également accompagné sur les machines de la salle de sport cette semaine où j’ai eu bien du mal à ne pas me déhancher comme dans cette formidable vidéo qui chorégraphie l’album et me donne la pêche à chaque fois !
L’arrière-queer de Milouch

La véritable histoire du test de Bechdel d'Iris Brey
Vous n'êtes pas sans savoir que je suis une grande fan du travail d'Alison Bechdel. Quand je l'ai découvert par les Gouines à suivre il y a un peu près 6 ans, je n'ai pas directement fait le lien avec le test de Bechdel que je connaissais de loin. Pour rappel ce fameux test s'applique aux films et pour qu'un film passe le test il faut :
au moins deux femmes nommées dans l’œuvre ;
qui parlent ensemble ;
et qui parlent de quelque chose qui est sans rapport avec un homme.
Le livre revient donc sur ce fameux test, tellement fameux que le nom de Bechdel est désormais plus connu pour ce test que pour son œuvre (alors que bon, cette dernière est incroyable)... Iris Brey revient également sur les autres tests que le test a pu engendrer et sur cette grande différence de notoriété entre Bechdel et ce petit test, symbole en soi de la manière dont on se souvient des femmes dans la culture.
Un petit essai assez sympa qui ne vaut clairement pas l'œuvre de Bechdel mais dont les réflexions se laissent lire !
Le mass et la plume

J’ai écouté Visitor Coach. Pour l’instant, ce jeune groupe n’a sorti que quatre singles, mais c’est clairement un groupe que je vais suivre de près.
Alors, je le dis tout de suite : il n’y a rien de vraiment nouveau. On est en pleine nostalgie. Je dois le dire, le groupe qui a marqué mon virage vers le rock en 1991 (avant, j’étais plutôt pop et variété), c’est bien sûr Nirvana. Un virage à 180 degrés. Et aujourd’hui encore, j’écoute leurs albums avec un petit pincement au cœur. Je les ai même vus à Grenoble — une soirée indélébile, pas forcément pour la prestation en elle-même, assez classique, mais pour ce qu’elle représentait. Kurt Cobain jouait ensuite à Milan, puis il y a eu la tentative de suicide à Rome… avant la fin que l’on connaît.
Mais revenons à Visitor Coach après cette parenthèse. Ce sont clairement les enfants de Nirvana. C’est tellement proche qu’on est à deux doigts d’entendre Kurt Cobain chanter. Et j’ai aimé ça. Je ne renie jamais ce que j’ai aimé, et je suis content de retrouver ce son grunge à la Nirvana.
Pour l’instant, il n’y a que quatre titres, dont une reprise de “Wattershed” du premier album des Foo Fighters. J’espère qu’ils vont continuer sur leur lancée. Allez les gamins — vive le rock !
Par ailleurs :
— Est-ce que tu peux enchaîner 100 sauts de suite ?
— Un site utile (et rigolo) sur les fuites de données qui donnent en ce moment l’impression d’un petit ruisseau.
— Je découvre l’équivalent de Wallace (de Wallace et Gromit) dans la vraie vie.
— Les autres musiques de la semaine : la pop désinvolte et cynique des Frères Nubuck et la pop rétro-nostalgique de Vanille.
Des bises
et peut-être à dimanche prochain, en compagnie de Saturday Looks Good To Me.
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