La compote de Côme

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24 janvier 2026

La compote de Côme #259

Des cordes, un serpent et un pénis géant.

Jeux de rôles

Road Kill – Il y a des jeux de rôles comme ça, rien qu’avec leur concept tu sens que ça va être bien. Par exemple quand j’apprends que dans Road Kill on joue un groupe de musique complètement fauché qui profite de ses tournées pour chasser des cryptides (parce ça paye mieux que les concerts de merde), je suis immédiatement conquis, et ma lecture ne met pas en péril cette opinion ! Bon, le jeu est un poil trop mécanique à mon goût, et fait beaucoup plus pencher la balance du côté « chasse au cryptide » que du côté « concerts » et c’est un peu dommage, mais vraiment avec un concept pareil difficile de se planter complètement...


Seven 48-Word TTRPGs – En ce moment sur itch.io court une game jam pour créer des jeux en 48 mots, à la suite des jeux en 36 mots de l’année dernière. Alors évidemment que je vais y participer, et plutôt 48 fois qu’une, mais en attendant je lis ce qui se fait d’intéressant chez les voisin.es, à commencer par cette petite compilation. Il y a à boire et à manger, comme on dit, mais j’aime beaucoup “Brute” qui propose d’incarner des géants qui font du tricot et des cupcakes mais ne peuvent se servir que de leurs poings, et “Rum” qui est une sorte de jeu à boire et où l’on incarne logiquement des pirates trop bourrés pour éviter de se faire tirer leur bateau !



Dream Rabbit – Dans un autre genre, et toujours en 48 mots, il y a ce lapin onirique, très joliment maquetté et le genre de jeu où il faut clairement combler les trous pour obtenir quelque chose de cohérent… Il y est question de gemmes, de pouvoirs magiques, et même d’une mécanique de jeu presque entièrement suggérée par des images, une jolie curiosité donc !



Serac – Désormais, quand je dirai qu’il n’y a pas besoin de belles illustrations pour faire un bon jeu, je pourrai citer Serac dont le plaisir visuel repose entièrement sur la façon dont sa typographie suggère de jolies formes… Il se trouve que c’est, en plus, un jeu très intriguant, où l’on raconte l’ascension d’une montagne à l’aide de cordes que l’on va littéralement tendre entre les joueurs et qui peuvent lâcher ou rompre à tout moment, une idée qui en plus d’être originale semble très bien fonctionner !


Bandes dessinées

Jeune et fauchée – Je continue de fort apprécier l’œuvre de Florence Dupré-Latour, et la dissection psychosociale qu’elle applique à son enfance et son adolescence, mais Jeune et fauchée m’a peut-être un peu moins convaincu que ses autres ouvrages. C’est dû, en partie, au fait qu’elle y répète des épisodes déjà traités (et avec plus de développement) ailleurs, mais aussi peut-être parce que je suis mal à l’aise avec son récit de ses « années pauvres » qui me semblent en partie être dues à une certaine recherche de pureté morale, en opposition à son milieu d’origine. Et puis tout cela se finit un peu trop vite (et bien) pour que je puisse tout à fait être touché par ce récit, en tout cas pas autant que je l’ai été par d’autres…



Non-fiction

VIBES LORE CORE – Grâce à l’ami Léo, je suis tombé cette semaine dans ce livre qui était rangé au rayon musique de ma librairie (parce qu’il parle un peu de vaporwave) mais qui aurait aussi bien pu m’être glissé sous mon paillasson en pleine nuit ou suinter de l’écran de mon ordinateur. On y parle de cette étrange sous-culture qui s’est construite entre les piliers du web moderne dans les 15 dernières années : la SCP Foundation, les backrooms, mais aussi les dream pools, le weirdcore en général, et j’en passe… Difficile de résumer ce petit livre foisonnant qui ouvre tout un tas de portes d’entrée vers cet étrange univers, nostalgique d’une période pas vraiment désirable (et qui n’a jamais vraiment existé) mais attirant tant qu’il nous fait sortir, par le biais de notre écran d’ordinateur, de notre monde qui devient un peu plus déprimant chaque jour. Je ne partage pas toutes les conclusions de l’autrice (par exemple, je préfère m’échapper en faisant des trucs avec mes mains plutôt qu’en imaginant des espaces impossibles) mais je suis heureux que cela permette à d’autres d’entrer dans ce labyrinthe...



Séries

Pluribus saison 1 – J’ai essayé d’entrer dans Pluribus sans trop d’attentes, mais avec le combo « Vince Gillingan + Rhea Seehorn » ça n’était pas facile… Heureusement, cette première saison m’a comblé, avec son atmosphère tout en vibes, qui fait avancer l’intrigue à petits pas et par à-coups, préférant les belles images et les scènes qui laissent du temps aux personnages de déployer leur complexité. Je n’ai aucune idée d’où la série va aller, ni même si elle poussera un peu plus loin son intrigue dans la prochaine saison, mais ce que je sais c’est qu’elle sera excellemment jouée et filmée, et que je serai donc là pour la regarder !


The Elephant – Imagine, y a un gars d’Adventure Time, la créatrice de Steven Universe et le mec de Over the Garden Wall qui se retrouvent pour créer un machin de 20 minutes en mode cadavre exquis ? Eh bien c’est exactement ce qu’est The Elephant, une suite de 3 segments très vaguement reliés qui progressent du what the fuck total à l’une des plus touchantes interprétations du multivers que j’ai vu récemment… C’est chelou, rigolo, émouvant, souvent tout ça à la fois, bref exactement ce à quoi on pouvait s’attendre mais d’une façon tout à fait différente de ce à quoi on s’attendait.


Loups-garous saison 2 – Comme dans la première saison, c’est fascinant de constater à quelle point une série peut être déséquilibrée : à la fois très efficace dans son montage et son postulat de base (ça reste un jeu télévisé plutôt bien pensé), avec un casting de très bon.nes menteur.euses… et complètement raté dans sa présentation, avec un binôme de showrunners aussi intéressants que des endives molles et une voix off qui est l’incarnation du meme “fellow kids”. Ça diminue tout de même beaucoup mon intérêt pour cette série, qui par ailleurs ne parvient pas à finir autant en beauté que la saison précédente et est obligée de délayer un peu la sauce pour tenir...


Films

The Hungry Snake Woman – Je ne m’attendais pas à quelque chose de très cohérent en me lançant dans ce film d’horreur indonésien des années 80 mais j’ai tout de même réussi à être désarçonné. On dirait que la production a changé de scénariste une bonne demi-douzaine de fois, et que chaque nouveau venu n’a pas forcément jugé bon de garder ce qui avait été fait avant : je ne vois pas d’autre explication à cet antagoniste qui passe d’homme violent à Dracula à parrain du crime à mec à peu près normal en l’espace de 30 minutes. Le reste est à l’avenant, sans que ce soit désagréable, avec peut-être quand même un peu trop de scènes érotiques ; heureusement, l’une d’elles est avec un serpent, ce qui équilibre les choses. Bref, le cinéma dans les années 80 c’était quand même quelque chose.


Sirens – Ce documentaire pourrait n’être qu’un film de plus sur un groupe de musique : ses gloires, ses échecs, ses moments de doute, ses dissensions et ses rabibochages… Tout cela est présent dans Sirens et est assez classique, sans être déplaisant ; mais le film est élevé par son sujet, à savoir un groupe de trash metal 100 % féminin et libanais, à une période où le pays est en plein tumulte. Les scènes de colère populaire demeurent en arrière-plan, les interrogations des musiciennes (et de leurs familles) sur leur sexualité un peu moins, mais Sirens aurait sans doute bénéficié d’un focus plus important sur ses questions (et aussi de ne pas donner la parole qu’à 2 membres sur 4 du groupe…).

Lisztomania - Dans un autre monde, peut-être que ce film aurait été un biopic de Franz Liszt légèrement romancé et passé à la sauce seventies, ce qui n’aurait pas été si étonnant pour le réalisateur de Tommy (sorti la même année, avec le même acteur/chanteur principal). Mais non : à mesure que le film se déroule, il lâche aussi de plus en plus la rampe, et je ne sais pas si je dois t’évoquer un rêve de pénis géant ou une bataille finale contre Wagnerhitler pour commencer à te faire comprendre à quel point ça verse dans le n’importe quoi. Pour mon plus grand plaisir, d’ailleurs, sauf qu’étrangement Lisztomania comporte pas mal de passages un peu trop sérieux et mous, comme si Russell n’avait pas osé aller jusqu’au bout de sa folie...





Jeu de société

L’Île des Mookies – Je savais ce que j’allais chercher avec L’Île des Mookies : un petit jeu aux mécanismes pas franchement transcendantaux, mais franchement très jolis, et qui donnerait à ma fille une dose de Pokemon sans la faire basculer dans l’enfer des cartes à collectionner. Eh bien c’est exactement ce que j’y ai trouvé, avec en plus la surprise de me faire battre de temps en temps, parce que j’ai très mauvaise mémoire… De toute façon, ce qui intéresse le plus Madeleine, c’est la très bonne idée d’avoir inclus un poster au jeu qui propose de donner des noms à chacune des créatures présentes !



Musique

Anne Sylvestre, Mousse / Aveu – Impossible de ne pas immédiatement tomber amoureux de la chanson-titre de Mousse, non seulement impeccable dans sa mélodie douce-amère comme seule Anne Sylvestre sait les faire, mais en plus aux paroles composées uniquement de mots de 2 syllabes… On est, une fois de plus, pas dans les meilleurs albums de la chanteuse, mais j’en retiens tout de même « Chanson dégagée », la première (je crois ?) des chansons de Sylvestre ouvertement engagées, et « Chansonnette franco-québécoise » qui inaugure là aussi la longue série des chansons sur l’attrait de Sylvestre pour le Québec et sa belle langue. Sur Aveu, moins de chansons qui prennent à la gorge, mais tout de même un duo à la fois maladroit et rigolo avec Boby Lapointe et une diatribe contre les filles aux fesses trop plates que n’aurait pas renié Freddy Mercury. Et puis, parce qu’on ne s’en éloigne jamais tout à fait dans les années 60, de belles chansons d’amour...




L’arrière-queer de Milouch

Femmes lesbiennes de Berlin 1928 de Ruth Margarete Rolling

Dans le cadre d'un très sympathique projet (encore avec rouge galette), je me plonge dans l'histoire et les histoires du mouvement LGBTQ+.

Donc quoi de mieux que d'aller se promener dans le Berlin des années 20 guidée par un texte sur les bars lesbiens de l'époque ?

Alors, déjà, je met un gros avertissement, le livre (édité par Gaykitschcamp) est vraiment dans son jus ; y a une petite préface au début mais le texte d'intro de Magnus Hirschfeld qui parle de problème gay, de sexualité naturelle... nous plonge bien dans les années 20. 

Et n'allez pas penser qu'Hirschfeld est un médecin homophobe. Gay, fondateur de l'institut de sexologie de Berlin (oui, oui celui qui sera brûlé par les nazis), c'est clairement un militant, juste un militant gay des années 20, une autre époque, avec d'autres conceptualisations.

À part cette intro (dont j'ai déjà trop parlé) le livre est super intéressant en nous décrivant plus d'une dizaine de bars lesbiens berlinois avec chacun leur petite particularité, qui on peut y trouver, les spectacles proposés...

Et 10 bars lesbiens à Berlin mais genre wtf la dinguerie ! Vous seriez capable de me citer de tête plus de 5 bars lesbiens à Paris aujourd'hui (je vous aide un peu) ? C'est chaud hein ! Et je pense que c'est ce que je tirerai de ce livre. La vision d'un autre monde LGBTQ, pas plus arriéré, pas « en retard », juste différent.




Et toi,

qu’as-tu compoté cette semaine ?


Par ailleurs :

— Je suis tombé dans le trou de lapin des single serving sites, ces sites Internet qui servent à faire une seule (excellente) blague et c’est tout… C’est toujours un plaisir de constater que quelques références historiques sont encore là mais aussi que cette tradition est encore bien vivante, qu’il s’agisse d’écouter un rire de daron, de faire la fête, de célébrer les mangues ou le papier toilette, de vivre des expériences esthétiques bizarres, de se gausser des étrangetés de WikiHow, faire trouver son pointeur de souris par des inconnu.es... mais aussi de faire d’excellentes blagues et de navrants jeux de mots. Non vraiment, je suis ravi.



Des bises

et peut-être à dimanche prochain, en compagnie de Junior Senior.

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